Alpine vient de franchir avec succès le premier obstacle juridique dans l’affaire des pénalités pour excès de vitesse de Pierre Gasly à Monaco : la FIA a jugé sa demande de révision recevable, ouvrant la voie à une seconde audience qui s’annonce décisives pour les instances de la Formule 1.
L'affaire du « bug invisible » de la voie des stands de Monaco prend un nouveau virage. Coupable d'avoir eu le pied prétendument trop lourd à deux reprises dans la voie des stands, Pierre Gasly avait vu son splendide podium monégasque s'évaporer au profit d'une anonyme septième place. Alpine avait donc activé l'article 14.1.1 du Code Sportif International de la FIA. Un pari payant : les commissaires ont validé les quatre critères d'admissibilité indispensables pour rouvrir le dossier.
Alpine, la demande de révision est jugée recevable
Pour convaincre les sages, le clan français est venu les bras chargés de preuves avec comme argument massue, retenu comme l'élément « significatif et pertinent » par les commissaires, provient directement de la FOM (Formula One Management), le chronométreur officiel de la discipline. Un document technique transmis le mercredi 10 juin démontre noir sur blanc que la distance théorique utilisée par les ordinateurs pour calculer la vitesse des monoplaces dans les stands était inexacte, ce qui a artificiellement surestimé la vitesse de la monoplace de Gasly.
Le rapport de la FIA détaille les quatre axes de défense soumis par Alpine pour justifier la réouverture de l'enquête :
a. La FIA et la FOM (mais pas les commissaires sportifs) étaient au courant avant la course d'un problème d'étalonnage des boucles magnétiques dans la pitlane. (Note : Cet argument a été fermement réfuté par les représentants de la FIA et de la FOM lors de l'audience primaire).
b. Alpine possède des données télémétriques claires prouvant que Pierre Gasly a activé son limiteur de vitesse avant de franchir la ligne d'entrée et qu'il n'a jamais dépassé les 60 km/h réglementaires.
c. Un témoignage écrit de Pierre Gasly confirmant qu'il a abordé l'entrée des stands avec une prudence redoublée suite aux consignes de ses ingénieurs.
d. La FOM, en tant que fournisseur officiel du chronométrage, a fourni la preuve que la distance de référence était fausse, faussant l'équation mathématique de calcul de la vitesse.
Les commissaires ont tranché : le point d suffit à lui seul à justifier l'existence d'un « élément nouveau majeur ». Au dimanche soir de la course, les commissaires avaient interrogé la direction de course suite aux alertes répétées du chronométreur (cinq pilotes pénalisés au total, dont Hamilton, Russell, Piastri et Colapinto). La direction de course s'était alors voulue rassurante, affirmant qu'aucune anomalie n'était à signaler.
Et maintenant ?
Si cette victoire sur le tapis vert résonne comme un camouflet pour les autorités compétentes, elle ne devrait pas bouleverser le classement officiel du Grand Prix de Monaco. Contrairement à Gasly, des pilotes comme Oscar Piastri ou George Russell ont purgé leurs cinq secondes de pénalité directement en course, lors de leurs arrêts aux stands. Modifier le résultat après coup créerait un imbroglio sportif insoluble.
Pour Alpine, la démarche est ailleurs. En alignant ces deux procédures de front, l'état-major d'Enstone cherche avant tout à laver l'honneur de son pilote et à mettre en lumière les défaillances du système pour éviter qu'un tel scénario ne se reproduise. La seconde phase de l'audience, qui analysera le fond de l'affaire et statuera sur l'annulation théorique des fautes de Gasly, se tiendra conjointement dans les prochains jours.
