Alors que le Grand Prix des Pays-Bas s'apprête à tourner la page de la Formule 1, le bilan s'avère aussi contrasté qu'inévitable : entre succès populaire éphémère et casse écologique en lisière d'un parc naturel, la pollution engendrée a ruiné le spectacle.
Le Grand Prix des Pays-Bas 2026 était donc le dernier puisque Zandvoort cède sa place au calendrier, la F1 n'y reviendra plus ! En revanche, on pourra toujours y voir des monoplaces, un peu différentes, puisque en 2027 c'est le Championnat du Monde de Formule E qui y posera ses valises.
F1 à Zandvoort : la fin d'une parenthèse trop polluante
Zandvoort a surfé sur la vague du Grand Prix des Pays-Bas pendant six années consécutives pour en faire le nouveau foyer des fans de F1, mais le débat écologique s'est invité à la table est le bilan n'est pas si flatteur. Fait révélateur : le seul conseiller municipal du coin qui tordait du nez à l'époque face à l'arrivée du cirque de la F1 confiait récemment dans la presse sa « fierté » d'avoir vu son fief réussir à orchestrer un « événement rassembleur majeur pour tout le pays ».
Il faut rendre à l'organisateur ce qui lui appartient : la tenue de la course a réussi un vrai tour de force en finançant le spectacle à 100 % sur des fonds privés. Pas un centime d'argent public n'a été injecté directement dans les caisses de l'épreuve. Côté logistique, le plan de mobilité tenait fort bien la route, la quasi-totalité des spectateurs débarquant en train ou à vélo pour éviter la cohue sur l'asphalte.
Un désastre écologique au cœur de la nature
Pourtant, il faut se rendre à l'évidence : que la F1 mette la clé sous la porte à Zandvoort est une excellente nouvelle, n'en déplaise aux centaines de milliers de passionnés qui en ont pris plein les yeux. Dès que l'on prend un peu de hauteur, le tableau devient nettement plus sombre : une kermesse pétrolée collée à la lisière du parc national Zuid-Kennemerland, une zone protégée. Inutile de faire un dessin pour comprendre à quel point la biodiversité trinque sous les décibels et les gaz d'échappement de ce remuant voisin.
De toute façon, le Grand Prix des Pays-Bas tenait sur un château de cartes, porté à bout de bras par les seuls exploits d'un homme. C'est à Max Verstappen et à son coup de volant magistral que l'organisation doit d'avoir pu maintenir son business plan à flot pendant six ans. Maintenant que le champion ne règne plus en maître absolu, le modèle économique prend l'eau : les billets ne s'arrachent plus et les sponsors plient bagage. Il y a un an, le patron du circuit avouait sans langue de bois que le public batave était « vite blasé et gâté ».
Désormais, la Formule 1 préfère rouler des mécaniques dans les pays où les gouvernements sont prêts à signer des chèques en blanc à coups de petrodollars. On ne peut que se féliciter de la fermeté du gouvernement néerlandais, resté de marbre face à la tentation des subventions, quand bien même le roi trônait aux premières loges pour jouer les supporters.
Cette rigueur financière rend quasi nulle la possibilité de revoir un jour les monoplaces filer à toute berzingue sur le sable de Zandvoort. Pour autant, le circuit ne va pas fermer boutique et restera pris d'assaut plus de 300 jours par an par d'autres bolides rugissants. Un rythme effréné qui reste bien au-dessus de ce que la nature est en mesure d'endurer.