La ville de Buenos Aires ne se contente plus de rêver : elle espère un retour de la F1. Le roadshow organisé par Alpine et mettant Franco Colapinto derrière le volant a attiré 600 000 fans argentins.
Le rugissement du moteur V8, entendu à des kilomètres à la ronde, a sonné comme un cri de ralliement. Quatorze ans après sa dernière parade, la Formule 1 a retrouvé les artères de la capitale argentine. Sous l'impulsion de la nouvelle idole locale, Franco Colapinto, le quartier de Palermo s'est transformé en un véritable temple de la vitesse, ravivant l'espoir de voir le pays réintégrer définitivement le calendrier mondial.
Colapinto amasse les foules à Buenos Aires
Le circuit urbain de trois kilomètres, dessiné autour du Monument aux Espagnols, est devenu le théâtre d'une communion électrique. "La joie que Franco nous a offerte aujourd'hui n'est comparable qu'aux plus grandes célébrations de l'histoire argentine", s'est enthousiasmé le chef du gouvernement, Jorge Macri.
Dès l'aube, le public, majoritairement jeune et paré des couleurs d'Alpine, a pris d'assaut les moindres recoins du parcours. Les balcons des immeubles s'étaient mués en tribunes de fortune, rappelant l'atmosphère glamour et survoltée de Monaco. Pour l'occasion, Colapinto a pris le volant d'une machine mythique : la Lotus E20 de 2012. Dotée d'un moteur Renault V8 de 2,4 litres, cette monoplace a fait trembler les vitres des gratte-ciel avec une mélodie bien plus brutale que celle des actuels moteurs hybrides.
"C'était impressionnant, je ne l'imaginais pas, ou alors seulement dans mes rêves les plus fous", a reconnu Franco, ému, après avoir multiplié les "donuts" sous les acclamations. Outre la bête de course moderne, le prodige de Pilar a également rendu hommage à l'histoire en pilotant une réplique de la Mercedes-Benz W196, la célèbre "Flèche d'Argent" avec laquelle le légendaire Juan Manuel Fangio a conquis le monde dans les années 50.
Après le roadshow, un Grand Prix d'Argentine ?
Portée par cette ferveur, la municipalité ne cache plus ses ambitions : après avoir confirmé le retour du MotoGP pour l'an prochain, elle vise désormais la modernisation de son autodrome pour y accueillir à nouveau un Grand Prix de Formule 1.
L'événement n'était pas seulement une affaire de mécanique, mais une véritable démonstration de la capacité d'organisation de Buenos Aires, déjà élue Capitale mondiale du sport pour 2027. Pour clore cette journée mémorable, Franco Colapinto a délaissé son cockpit pour la plateforme d'un camion, parcourant le circuit pour saluer une dernière fois ses fans aux côtés de son ami, le producteur Bizarrap. "Nous avons prouvé aux gens de la Formule 1 que nous méritons une date en Argentine", a-t-il conclu. Le message est passé, porté par 600 000 voix et l'écho persistant d'un moteur V8 qui refuse de se taire.
© Crédits photos : Instagram Franco Colapinto / Alpine





