Yohan Rossel a signé une deuxième victoire de rang en WRC2 au Rallye des Îles Canaries, au terme d'une partition sans fausse note sur le ruban d'asphalte exigeant de Grande Canarie.
Le Français, épaulé par son copilote Arnaud Dunand, a tenu les rênes de la catégorie dès le coup d'envoi du vendredi. Il franchit la ligne d’arrivée avec un matelas confortable de 25,1 secondes d'avance sur Alejandro Cachón, tandis qu’Eric Camilli hérite in extremis d'une place sur le podium après le coup de théâtre cruel ayant frappé Léo Rossel.
Au volant de sa Lancia, Yohan Rossel a dirigé la course tel un chef d'orchestre, bâtissant son hégémonie dès la première étape avant de dompter les caprices météo du week-end. Entre routes grasses, brume épaisse et dilemmes pneumatiques, l'ultime matinée fut un véritable champ de mines. Rossel a su déjouer tous les pièges, s'offrant ainsi une nouvelle victoire capitale.
« C’est une sensation exquise, pour être honnête », a confié Rossel. « Merci à toute mon équipe, ils ont fait un travail d'orfèvre. Aucune erreur sur les réglages, aucune sur le choix des pneus ; nous étions toujours dans le vrai. Maintenant, il est temps de retrouver la terre et de renouer avec la victoire là-bas aussi. »
Un duel fratricide interrompu par la mécanique
Alejandro Cachón s'offre la deuxième place sur ses terres, aux côtés de Borja Rozada, couronnant ainsi un week-end de régularité exemplaire. L'Espagnol était engagé dans un corps-à-corps étouffant avec Léo Rossel durant la majeure partie de l'épreuve. Il a finalement pris le large lors de l'ultime spéciale, lorsque son rival a été trahi par une transmission agonisante.
« Je me sens bien », a déclaré Cachón. « Ce fut une bataille titanesque avec Léo, mais cette fois, la chance a penché de notre côté. Cette deuxième place me comble de joie, car l'équipe travaille avec un acharnement sans faille. »
Léo Rossel, qui s'était hissé au deuxième rang dimanche matin, semblait pourtant promis à graver le nom de sa famille sur les deux premières marches du podium. Mais la mécanique en a décidé autrement sur la Wolf Power Stage. Le Français a vu ses espoirs s'évaporer, dégringolant à la cinquième place du WRC2, derrière Camilli et Roberto Daprà.
« Très honnêtement, mon rythme tout au long de la semaine a été fantastique », a glissé Léo avec philosophie. « C'est la loi du rallye, c'est la mécanique. »
L'ascension des poursuivants
Eric Camilli hérite ainsi de la médaille de bronze, sécurisant un podium solide, tandis que Roberto Daprà se hisse à la quatrième place après un dimanche inspiré pour célébrer ses 25 ans. Nikolay Gryazin complète le top 6 au volant de la seconde Lancia, devançant Jan Solans et Emil Lindholm.
Ce succès de Yohan Rossel, qui fait écho à sa victoire au Rallye de Croatie, lui permet de revenir provisoirement à égalité de points avec son frère Léo au sommet de la hiérarchie mondiale du WRC2. La guerre des nerfs ne fait que commencer.
