Finaliste du F1 eSports Series qui aura lieu à Abu Dhabi ce week-end, Fabrizio Donoso revient sur la demi-finale à Londres, sa préparation pour la finale et ses rêves dans une interview exclusive accordée à France Racing.

Revenons sur ta demi-finale Fabrizio. Comment ça s’est passé pour toi ? Quel a été le moment fort de cette demi-finale ?
Pour résumé, j’ai commencé les qualifs à 9h dans le premier des 4 groupes. J’ai réussi une belle 3e place à 2 dixièmes derrière le meilleur temps absolu des 4 groupes. Ça m’a placé P3 pour la première course à Interlagos. Dans le premier virage, ça a vite été le chaos. Il y a eu des attaques un peu trop agressives et j’ai dû couper les Esses de Senna. En revenant sur la piste, j’ai eu des dégâts à l’aileron qui n’ont pas été réparés aux stands. Je décroche une 6e place, ce qui correspond à la place à laquelle je pars à Silverstone, la 2e course.

J’ai démarré la seconde course un peu plus confiant car je savais que mon rythme de course était très bon. Ca a été encore agressif au premier virage, je m’en sors sans dégâts sur la monoplace. J’étais P7 et dans le 3e tour, les 3 devant moi s’accrochent et je remonte à la 4e place. Je rentre aux stands au tour 5. C’était le meilleur moment pour rentrer. Je ressors juste derrière le 3e qui est Cem Bölükbasi avec qui je vais m’accrocher sans le faire exprès plus tard dans la course. Cedric Thom est resté un tour de plus et il est sorti juste devant moi. On a eu une petite bataille. Je lui ai fait l’extérieur. Sûrement le meilleur dépassement que j’ai fait dans toutes mes courses jusqu’à maintenant. J’étais très content à ce moment-là d’avoir pu le réussir.

Je savais que j’avais des chances de gagner, je revenais sur Cem Bölükbasi et Sonuc Saltunc. On est resté à 1 seconde d’écart jusqu’au dernier tour à peu près. Et c’est là que Cem a eu un accident avec Sonuc et perd un bout d’aileron. Il perd beaucoup de temps. Je reviens sur lui comme une balle. Avant de commencer le tour, je lui fais l’intérieur et c’est l’accident. Je savais que je risquais d’avoir une pénalité. Après la course, c’était quasiment sûr que j’allais être pénalisé. Mais je ne pensais pas que ce serait aussi pénalisant. Car 10 secondes dans une course comme celle-ci, où on est très serré, c’était très dur pour moi. Je finis 5e quand même, la dernière place qualificative de mon groupe pour Abu Dhabi.

Tu reçois ta pénalité, plus tard après la course…
Oui ! C’était bien 30 minutes après la course.

Dans quel état d’esprit es-tu à ce moment-là ? Tu t’y attendais un peu mais est-ce que tu debrief avec l’équipe? Est-ce que tu te dis qu’il faut passer à autre chose ? Est-ce que tu es encore dans l’adrénaline de la compétition ?
C’est clairement ça. Après la course, tous les pilotes du groupe sont rassemblés dans une sorte de driver room. C’est là que se déroulent les interviews d’après course. On explique un peu les actions. On m’a interviewé et j’avais expliqué que même si j’avais une pénalité, ça ne me coûterait certainement pas la qualification pour Abu Dhabi. J’étais quand même assez confiant à ce moment-là, je n’avais pas encore entendu les 10 secondes de pénalité. Au moment où j’entends ma pénalité, j’ai eu un coup de stress, même si dans ma tête, ça passait.

En regardant le stream de la demi-finale, j’ai eu l’impression que tu étais quand même assez lessivé à la fin de la course. C’était le fait d’une longue journée ou est-ce que la course en elle-même t’a épuisé physiquement ?
C’est un peu tout en fait. J’étais soulagé d’avoir fini. Je savais que j’étais qualifié donc j’étais vraiment soulagé. Peut être que ça c’est un peu trop vu à la télé que j’étais fatigué. La journée a été longue, on a commencé à 9h du matin et la course était tard. Ça faisait une longue journée.

Abu Dhabi

Abu Dhabi arrive bientôt…
Le 24 se déroule la première course, sr le circuit du Canada. Elle ne sera pas diffusée. Il y aura des phases qualificatives pour chaque course. Et le stream commencera à 16 heures (heure française) le samedi 25 : Spa et Abu Dhabi. Abu Dhabi aura un format spécial pour les points, ils compteront double sur cette course.

Concernant ta préparation, tu gardes le même training que tu nous avais expliqué avant la demi-finale ou est-ce plus intensif ?
C’est devenu plus intensif. Surtout que sur PC, on est 7 autres qualifiés, donc on a la possibilité de voir notre niveau par rapport aux autres. Et pour l’instant, ça se passe plutôt bien. Il n’y a personne qui sort du lot, il ne faudra pas faire d’erreur le moment venu. Je pense que je suis à 3 ou 4 heures par jour sur le PC.

L’équipe est sans doute encore plus renforcée autour de toi.
Oui surtout Richard qui m’impose des plannings, des programmes, des pass de pilotage aussi.

Est-ce que ton planning se limite à tes heures de jeu et ton entraînement physique et mental, comme tu nous l’avais expliqué sur ta première interview ?
Je suis le même entraînement physique et mental que pour Londres. Je me suis senti à 100% de mes capacités donc je ne vois pas pourquoi je changerai pour Abu Dhabi.

Il y a une question qui se pose, concernant le coût. Est-ce que l’association prend en charge ? Est-ce que le championnat e-sport de la F1 prend en charge les frais ? Comment ça se passe ?
Pour moi, tout est payé par la F1. C’est « l’instance » qui paye le tout : le voyage, l’hôtel, les transports. Pour les deux accompagnateurs auxquels j’ai droit, ils devront prendre en charge l’avion et l’hôtel.

Au milieu du Circus

Le fait d’être à Abu Dhabi pour la finale de la F1, ça te donne aussi la possibilité de te rendre dans le paddock, de regarder le GP dans une tribune privilégiée ?
La compétition se déroule sur le circuit, vers le virage qui passe sous l’hôtel. On aura accès au paddock donc on pourra voir la course d’une manière privilégiée.

Un rêve qui se réalise ?
Oui. C’est la première course de F1 à laquelle je vais assister. Et c’est encore plus gratifiant de le faire comme ça.

Du virtuel à la réalité ?

McLaren a lancé un challenge pour trouver un pilote de développement, avec une compétition e-sport. Il y a aussi la GT Academy qui existe. Est-ce que se sont des pistes que tu pourrais explorer à l’avenir sachant que la GT Academy a permis à Jann Mardenborough de rejoindre le GT, que le challenge McLaren doit permettre à un pilote de rouler dans une véritable F1 ?
C’est vraiment très nouveau. Ce sont des opportunités qui arrivent et auxquelles on ne s’attendait pas forcément. Si ça venait à se reproduire, ce que je pense, on fera tout pour se qualifier, comme pour cette compétition. On fera tout notre possible pour décrocher la victoire.

Donc c’est vraiment une piste à laquelle tu envisages?
Clairement oui. Surtout le format proposé, la récompense, ce sont vraiment des récompenses que tout pilote SimRacing rêverait d’avoir.

Et si un jour tu parviens à concrétiser le virtuel au réel, tu te vois faire une carrière de pilote ?
Oui, je me vois complètement le faire. En fait, c’est le rêve principal de tout pilote virtuel, de passer à la réalité et de pouvoir en faire son métier par la suite.

A propos de Real Championship

Le Real Championship, né en 2012, est une association loi 1901 spécialisée dans le simracing depuis Mars 2015. Elle a un triple objectif : le management d’une équipe de « simracers » (entendez par là, de pilotes virtuels), l’organisation d’événements et l’organisation de championnats en ligne. Le RC est présent sur tous les supports et sur la majorité des jeux de course du marché, de Forza Motorsport à iRacing en passant par DiRT Rally. L’objectif principal de l’association est à travers ses performances et son organisation de démocratiser le simracing en France, et d’être une vitrine pour la France sur la scène internationale dans cette discipline.