Avant de partir pour d'autres cieux, le sorcier Adrien Newey a développé pour Red Bull Advanced Technologies une hypercar capable d'offrir des sensations d'une F1 : la RB17.

Annoncée en juin 2022, l'hypercar RB17 prend le nom de baptême des châssis des Red Bull F1. Si elle s'autorise à s'appeler RB17, c'est parce qu'en 2021, la FIA avait décider de geler le développement des châssis pour contrer les faibles revenus engendrer à cause d'un calendrier revu et amputé à cause de la pandémie du COVID. Ainsi, celle qui succéda à la RB16, fut baptisée RB16B.

L'ultime arme sur circuit, la Red Bull RB17

Le prototype RB17 fut dévoilé en juillet 2024 et depuis, Red Bull n'a pas vraiment communiqué dessus, le magazine britannique Top Gear a pu se rendre dans les locaux de Red Bull Advanced Technologies pour faire une mise à jour du projet, mais du côté de Milton Keynes c'est toujours silence radio. Jusqu'à ce mois de mars où leur base média, Red Bull Content Pool, publie de nouveaux clichés de l'hypercar.

Face à elle, des références déjà extrêmes comme la Aston Martin Valkyrie AMR Pro, la Pagani Huayra R ou encore la GMA T.50s Niki Lauda. Mais la RB17 ne veut pas jouer pas dans la même ligue, elle veut créer la sienne.

L’œuvre ultime d’Adrian Newey

Derrière ce projet, une obsession : celle de Adrian Newey, génie de l’aérodynamique et architecte des monoplaces victorieuses chez Williams, McLaren et Red Bull. Déjà à l’origine de la Valkyrie, il n’avait jamais totalement accepté les compromis imposés par la route ou la réglementation. Avec la RB17, ces chaînes disparaissent. Plus de limites. Plus de concessions. Seulement une vision pure, brute, presque radicale de la performance automobile.

Présentée une première fois au Goodwood Festival of Speed en 2024, la voiture a depuis profondément évolué. Dix-huit mois de développement ont sculpté une machine plus compacte, plus affûtée, tout en conservant l’empreinte d’une Formule 1 moderne.

Chaque ligne de la RB17 semble trancher l’air. L’aileron dorsal, dressé comme une quille, stabilise la voiture à très haute vitesse. À l’avant, un splitter à double étage fend le flux d’air, tandis qu’à l’arrière, aile et diffuseur se superposent en une architecture complexe. Des ouvertures supplémentaires parsèment la carrosserie, des ailes aux pontons, jusqu’à l’imposante prise d’air centrale. Même l’échappement remonte le long de l’échine de la voiture, comme un souffle brûlant prêt à s’échapper. Et pour la première fois, cette bête de piste adopte des éléments presque anodins : phares, essuie-glaces, rétroviseurs. Des détails discrets, mais révélateurs d’une volonté d’élargir son usage.

Un V10 à 15 000 tr/min, cœur battant de la machine

Avant même de la voir, on l’entendra. Car au cœur de la Red Bull RB17 rugit un V10 atmosphérique de 4,5 litres, développé par Cosworth. Un moteur capable de grimper à 15 000 tr/min, véritable hurlement mécanique. Associé à un moteur électrique de 197 ch, l’ensemble dépasse les 1 184 chevaux. La puissance est transmise aux roues arrière via une boîte séquentielle à six rapports, épaulée par un logiciel optimisé pour préserver la mécanique. Résultat : plus de 350 km/h en vitesse de pointe.

Malgré ses performances vertigineuses, la RB17 ne se veut pas inaccessible. Suspensions actives, aérodynamique adaptative, réglage de hauteur de caisse : tout est pensé pour ajuster le comportement de la voiture. Les ailes avant et arrière évoluent selon le circuit et le style de pilotage. L’appui aérodynamique atteint 1 700 kg, soit presque deux fois le poids de la voiture. Une adhérence défiant les lois de la physique. Direction assistée hydraulique, contrôle de traction, ABS : autant d’outils pour apprivoiser cette machine hors norme.

Contrairement à une pure voiture de course, la RB17 soigne aussi son habitabilité. Le cockpit, spacieux et ajustable, accueille pilote et passager avec leurs équipements. Ici, pas d’écrans tactiles. Seulement des commandes physiques, directes, presque viscérales.

Une exclusivité à un prix stratosphérique

Seulement 50 exemplaires verront le jour. Chacun sera invité à participer à des sessions sur circuit à travers le monde, encadrées par des ingénieurs et des pilotes. Avant même de prendre le volant, les clients pourront s’entraîner sur simulateur. Une immersion totale dans l’univers RB17. Le prix reste officieux, mais une estimation évoque 5 millions de livres sterling (5,7 millions d'euros). Une somme vertigineuse, à laquelle il faudra encore ajouter le coût d’une éventuelle homologation routière. La Red Bull RB17 n'est pas seulement une hypercar, elle livre une déclaration, un manifeste mécanique où la Formule 1 quitte la grille de départ pour s’offrir, enfin, à quelques élus.

Renders 3D Red Bull RB17

© Red Bull Advanced Technologies RB17 / Red Bull Content Pool