C'est dans la toute première spéciale de l'après-midi que le Rallye du Japon a perdu un prétendant à la victoire : Oliver Solber. Désormais, c'est Sébastien Ogier qui prend en chasse Elfyn Evans.
La matinée avait offert aux spectateurs un récital de pilotage, Solberg étant revenu à seulement 10,6 secondes d'Elfyn Evans. Mais la belle mécanique suédoise s'est enrayée dès l'entame de la boucle de l'après-midi, lors du second passage dans le redoutable Mont Kasagi. En glissant un peu trop large dans un virage à gauche, le pilote de la Yaris a violemment percuté un arbre avec l'arrière droit de sa monture, scellant son abandon immédiat. Un accident qui a d'ailleurs coûté quelques secondes à Evans, contraint de ralentir pour contourner la carcasse de son équipier.
Au Japon, Evans mène, Ogier lance les hostilités
Malgré la chaleur étouffante et une usure des pneumatiques de plus en plus difficile à canaliser, le leader gallois a su garder son sang-froid. Evans a immédiatement répliqué dans la spéciale d'Ena en collant 3,1 secondes à Sébastien Ogier, avant d'enfoncer le clou sur les routes d'Obara pour porter son avance à 20 secondes. Seul un léger écart dans l'ultime super-spéciale de Fujioka, où il a frôlé les rails de sécurité, est venu faire passer un frisson dans son dos. « Rien n'est sous contrôle, il reste bien trop de kilomètres à parcourir. On doit juste continuer sur ce rythme demain », tempérait Evans à l'arrivée.
L'abandon de Solberg a propulsé Sébastien Ogier au deuxième rang, mais le nonuple champion du monde n'avait pas le cœur à célébrer. Frustré par son manque de rythme chronique depuis le début de l'épreuve, le Français regrettait de ne pas pouvoir se mêler à la lutte pour la gagne. « Ce n'est pas ce que nous espérions. Nous sommes venus ici pour nous battre pour la victoire et nous ne nous battons pas », constatait-il amèrement, soulignant au passage que Solberg prenait peut-être trop de risques.
La sensation de l'après-midi est venue du jeune Finlandais Sami Pajari. En s'offrant le scratch dans l'ES d'Ena ainsi que les deux passages de la super-spéciale de Fujioka, le pilote Toyota a conforté sa troisième place sur le podium provisoire, repoussant le héros local Takamoto Katsuta à 26,9 secondes. Ce dernier, métamorphosé après sa journée de vendredi manquée, complète le quadruplé historique de Toyota. « Je suis le même pilote, dans la même voiture. Il a juste suffi d'un bon reset mental », confiait Katsuta, tout en sachant qu'un assaut sur le podium dimanche exigerait une prise de risques maximale.
Chez Hyundai Shell Mobis World Rally Team, l'ambiance est nettement plus morose. Adrien Fourmaux termine cette journée éprouvante à la cinquième place, mais pointe à plus de deux minutes de la tête. Son coéquipier Thierry Neuville, en lutte permanente avec l'équilibre précaire de sa voiture et un frein à main récalcitrant, glisse à la sixième place. Le Belge tentait de positiver malgré le calvaire : « Malgré une journée difficile, nous nous sommes amusés en attaquant fort, mais nous n'avons jamais trouvé le bon réglage. »
Derrière la troisième Hyundai d'Hayden Paddon (7e) et la Ford M-Sport de Jon Armstrong (8e), la bataille fait rage en WRC2. Nikolay Gryazin conserve la tête de la catégorie pour seulement 5,7 secondes face au coriace Alejandro Cachón. Dimanche, l'ultime étape proposera six spéciales décisives, dont deux passages chronométrés autour du lac Mikawako, qui servira de cadre à la Power Stage. La moindre erreur s'y paiera au prix fort.
