Thierry Neuville emmènera une mince avance de 4,1 secondes sur Sébastien Ogier lors de la dernière journée du Rallye de l’Acropole, après une nouvelle étape riche en rebondissements ce samedi.

Le pilote Hyundai avait entamé la journée avec 9,7 secondes d’avance sur son rival Toyota, et les deux hommes ont passé l’étape à s’échanger les secondes comme des coups d’épée, sur les spéciales du Péloponnèse.

Acropole, le verdict ce dimanche

À un moment, l’écart était même remonté à 10,8 secondes, mais le meilleur temps d’Ogier dans l’ultime passage de Menalo Mt a réduit la marge et installé un suspense brûlant pour le dimanche. Neuville a terminé la journée avec une avarie à l’avant gauche de son i20 N Rally1, mais il a minimisé toute inquiétude lorsqu’on lui a demandé si la voiture rejoindrait l’assistance du soir. « Ce n’est pas un problème », a assuré Neuville, alors qu’un léger suintement était visible sur sa Hyundai à l’arrivée.

Le Belge avait pourtant semblé solide plus tôt dans l’après‑midi, répondant à la pression d’Ogier par un temps superbe dans le second passage (raccourci) de Ghymno. Ogier avait été le plus rapide des deux durant la matinée, ramenant l’écart à 3,7 secondes avant l’assistance de midi. Il a ensuite opté pour une stratégie pneus audacieuse, n’emportant qu’une seule roue de secours, et a conclu la journée par un nouveau scratch, tout en admettant qu’il n’était pas prêt à tout risquer.

« Je n’ai pas pris tous les risques à cause du danger de crevaison », a expliqué Ogier. « J’ai roulé propre, mais je ne pouvais pas pousser davantage, vu les crevaisons des voitures devant. »

Neuville au Rallye de l'Acropole 2026

© France Racing - Florian Machetto / Thierry Neuville (Hyundai)

Le samedi a offert un défi bien différent du vendredi, où les pistes étaient jonchées de rochers. Moins de roche affleurante cette fois, mais des routes sablonneuses, des zones boueuses sous les arbres, des conditions dégradées au second passage et un balayage intense ont rappelé que l’Acropole reste un monstre exigeant, quel que soit le terrain. Derrière les deux leaders, la bataille pour le podium a changé de mains à plusieurs reprises.

Adrien Fourmaux avait commencé la journée troisième pour Hyundai et affiché un rythme solide, remportant Kolines et restant hors de portée des poursuivants. Mais le Français a perdu du temps en changeant une roue dans le Ghymno raccourci, ce qui l’a fait passer derrière Takamoto Katsuta. Katsuta, qui avait passé la journée à jongler entre attaque et prudence, est monté sur la troisième marche provisoire pour Toyota, à 2'17" de Neuville.

« Vraiment désolé pour Elfyn », a déclaré Katsuta après que son coéquipier Elfyn Evans a lui aussi rencontré des problèmes dans la dernière spéciale. « J’ai été très prudent à certains endroits où la roche affleurait. C’est vraiment difficile et très facile de crever. Normalement, on sent quand ça arrive, mais ici, on ne sait jamais. »

Fourmaux a répliqué sur Menalo Mt, attaquant après avoir appris les ennuis d’Evans et reprenant la quatrième place à Josh McErlean pour seulement 1,0 seconde. « L’idée était de pousser au maximum pour rattraper Josh et gagner une position pour demain », a expliqué Fourmaux. « Je savais pour Elfyn, donc je devais tenter ma chance. J’ai été très prudent à l’endroit où ils ont crevé, il y avait un gros rocher sur la route. »

Adrien Fourmaux au Rallye de l'Acropole 2026

© France Racing - Florian Machetto / Adrien Fourmaux (Hyundai)

McErlean a tout de même conclu une journée impressionnante en cinquième position pour M‑Sport Ford. L’Irlandais a évité les gros ennuis qui ont frappé d’autres pilotes et reste en route pour le meilleur résultat de sa carrière en WRC. « C’était bien, mais c’est agréable de rentrer à l’assistance », a‑t‑il soufflé. Sami Pajari est remonté au sixième rang pour Toyota, devant Evans, dont l’Acropole cauchemardesque s’est poursuivi lorsqu’il a dû changer une roue avant droite dans la dernière spéciale. Evans a perdu 1'50"2 et glissé au septième rang. « C’est arrivé très soudainement », a expliqué Evans. « La déflation a été brutale et j’ai failli sortir, je ne pouvais plus m’arrêter au virage suivant. »

Dani Sordo occupe la huitième place après avoir lui aussi perdu du temps avec une déflation dans la dernière spéciale, tandis qu’Andreas Mikkelsen conserve la neuvième place et la tête du WRC2. Mikkelsen a terminé le samedi avec 13,9 secondes d’avance sur son coéquipier Toksport Škoda Robert Virves, après une nouvelle journée serrée en Rally2. Le Norvégien a dû répondre à la pression en fin d’étape, mais abordera le dimanche avec un avantage précieux. Le dimanche proposera deux passages dans Aghii Theodori et Loutraki, avec un second passage dans Loutraki qui fera office de Wolf Power Stage.

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