Les constructeurs engagés en Hypercar aux 24 Heures du Mans ont bataillé férocement en piste... Certains ont connu la gloire, d'autres ont cru pouvoir l'atteindre et certains ont sombré.  Voici le bilan des constructeurs engagés en Hypercar cette année sur cette 94ème édition des 24 Heures du Mans.

24 Heures du Mans - Hypercar

Toyota vainc l'adversité

Est-ce la couleur rouge ? Nous n'avions jamais vu Toyota être à ce point filou ! Avant la course, David Floury avait plutôt bien joué l'intox alors qu'au final les deux TR010 Hybrid se sont montrées les plus rapides en piste. Mais alors que l'on pouvait s'attendra à ce que la plupart des constructeurs décalent leur stratégie sur au moins une voiture, le constructeur japonais a été le seul à le tenter sur ses deux voitures. Au vu du faible écart à l'arrivée, le constructeur japonais doit clairement son succès à ce coup de maître stratégique.

Si la #8 a été un temps la mieux placé, c'est finalement la #7 qui a le mieux tiré son épingle du jeu malgré une crevaison lente et surtout un problème de capteur de couple. Toyota rejoint Bentley au palmarès des 24 Heures du Mans en décrochant son sixième succès, un succès qui a sans doute plus de saveurs que les précédents obtenus face à une concurrence pour le moins clairsemée. Le constructeur nippon en profite également pour reprendre la tête du championnat. Kamui Kobayashi et Mike Conway décrochent leur second succès après 2021. Tandis que Nyck de Vries, qui était le seul pilote Toyota à ne pas avoir encore remporté la classique mancelle, décroche son premier succès. Il rejoint ses compatriotes Jan Lammers et Gijs van Lennep et a particulièrement savouré son premier succès dans la Sarthe :

"Je suis incroyablement reconnaissant, soulagé et heureux d'avoir remporté Le Mans. C'est la première fois que je gagne ici, alors je suis ravi. Le parcours a été long cette semaine et pendant la course également. Nous avons dû surmonter divers obstacles et défis et, franchement, à certains moments, j'ai pensé que nous étions hors course. Mais cela prouve qu'il ne faut jamais abandonner. Tout s'est finalement bien déroulé et je suis tellement reconnaissant envers toute l'équipe pour le travail accompli afin d'atteindre cet incroyable succès."

BMW sans complexes !

#20 BMW M TEAM WRT - Robin FRIJNS (NED) / René RAST (GER) / Sheldon VAN DER LINDE (RSA)

Au soir des 24 Heures du Mans 2025, nous avions eu le déplaisir de voir Vincent Vosse abattu, chose peu commune mais il y avait de quoi tant la seconde prestation des BMW M Hybrid V8 au Mans avait tourné à la débâcle. On commençait même à craindre que cette association entre BMW et l'équipe belge vire à l'échec. Entre temps, WRT a également pris la main sur le programme IMSA du constructeur bavarois et la BMW M Hybrid V8 a connu une grosse évolution. Et les choses se sont améliorées avec un premier succès en WEC à Spa !

Et au Mans, Dries Vanthoor a décroché la pole position ! Pilotée par Kevin Magnussen au départ, la #15 a vite marqué le pas et a ensuite tout perdu dans la soirée suite à un excès de fougue de Dries Vanthoor. La #20 a été très rapidement la meilleure chance de BMW de l'emporter, si elle a un temps marqué le pas, une bonne exécution stratégique de WRT a permis à Robin Frijns de s'intercaler entre les Toyota et de mettre la pression sur ses adversaires à l'arrivée. Et malgré la défaite, la seconde place de Robin Frijns, Sheldon van der Linde et René Rast a été accueillie dans la joie chez BMW après les déconvenues des deux dernières éditions. Si en 2016, René Rast avait déjà connu la joie d'un podium en LMP2, c'est bien sur le podium du classement général que l'allemand est monté cette année. Avant de monter sur la plus haute marche l'an prochain ?

Cadillac, un goût amer

12 CADILLAC HERTZ TEAM JOTA WEC USA M Cadillac V-Series.R HY Louis DELÉTRAZ (SUI) G Will STEVENS (GBR) P Norman NATO (FRA) G

Le constructeur américain a donné le ton lors des séances qualificatives et semblait avoir réellement les armes pour remporter ses premières 24 Heures du Mans. Et les deux voitures engagées par JOTA ont toujours été bien placées. Hélas, la 38 de Sébastien Bourdais a été terrassée par un problème de direction assistée durant la nuit. La 12 restait dans la course et a longuement été aux avants postes le dimanche et a longtemps résisté face aux Toyota. Mais l’équipe britannique a été parfois malchanceuse sur ses arrêts et a aussi parfois eu une lecture de la course inférieure à celle de Toyota et BMW. Ces arrêts réalisés au mauvais moment ont rejeté la 12 en dehors du podium alors qu’elle pouvait espérer l’emporter. Une course qui laissera sans doute un goût amer à Cadillac, les américaines ont tout de même occupé la tête durant près de la moitié de la course (184 des 381 tours). Après une prestation très moyenne l’an dernier, la troisième Cadillac engagée par le Wayne Taylor Racing a cette fois montré un bien meilleur visage et termine dans le top 10.

Ferrari, un cran en dessous

Sans doute bridées par la BoP, les Ferrari se sont montrées moins rapides que l’an dernier et ont sans doute manqué de « raceability ». Mais le constructeur italien faisait également face à une concurrence revenue à son niveau de performance. La nouvelle Toyota et les évolutions apportées sur les Cadillac et BMW les ont clairement mises au niveau de la Ferrari 499P. En 2025, AF Corse avait bien joué son coup en décalant la 83 pour la replacer dans le bon wagon et on peut s’étonner que Ferrari n’ait de nouveau pas tenté le coup sur une des trois voitures. Antonio Fuoco et Alessandro Pier Guidi ont commis deux belles erreurs le samedi et ensuite les Ferrari n’ont cessé de courir après le temps perdu. La prestation des voitures au cheval cabré n’a pas été ridicule mais en deçà de ce que l’on pouvait attendre du triple-vainqueur sortant. Responsable des programmes endurance et compétition client chez Ferrari, Antonello Coletta s'est exprimé en ce sens à l'arrivée :

"Commençons par féliciter nos rivaux, qui ont mérité leur victoire au terme d'une course qui a confirmé les attentes que nous avions exprimées la veille. Nous savions que nous ne pouvions pas lutter pour la victoire, mais malgré cela, nous ne nous sommes pas laissés abattre ; au contraire, nous avons puisé une motivation supplémentaire pour optimiser tout ce qui était en notre pouvoir. Revenir du Mans sans un podium après y être montés, avec tous nos équipages, pendant trois années consécutives n'est jamais satisfaisant, et nous savons que nous n'avons pas réalisé la course parfaite que nous espérions. Cependant, nous avons tout donné et nous n'avons que très peu de reproches à nous faire. Ce résultat est une motivation supplémentaire pour retrouver les premières places au plus vite."

51 FERRARI AF CORSE WEC ITA M Ferrari 499P HY Alessandro PIER GUIDI (ITA) P James CALADO (GBR) P Antonio GIOVINAZZI (ITA) P