En remportant le Grand Prix de Barcelone dimanche dernier, Lewis Hamilton est devenu le sixième pilotes britanniques à remporter au moins une victoire avec Ferrari en Formule 1. Mais qui sont les cinq autres ?
Ferrari est encore à ce jour l'équipe qui a remporté le plus de victoires en Formule 1 du haut de ses 249 succès. De nombreux pilotes, 41 très précisément, ont pris part à cette impressionnante statistique. Parmi eux, se trouvent seulement six Britanniques, dont le dernier en date, Lewis Hamilton.
La récente victoire du septuple champion du monde est donc l'occasion rêvée de faire un bref retour en arrière dans l'histoire de la Formule 1 et de la Scuderia pour se rappeler de ses prédécesseurs.
Mike Hawthorn
Le premier d'entre eux est un véritable gentleman comme seules les années 1950 pouvait nous en offrir. Mike Hawthorn aura couru la majorité de sa carrière pour la Scuderia Ferrari (35 de ses 45 Grands Prix). Il offre d'ailleurs à l'équipe italienne un titre des pilotes, son quatrième, en 1958, en remportant une seule victoire, pour ce qui va être la dernière saison en Formule 1 du natif de Mexborough, dans le Surrey. Il devient alors le premier Britannique champion du monde de Formule 1, après avoir passé le début de sa carrière dans l'ombre de grands champions comme Alberto Ascari ou Juan Manuel Fangio.
Auparavant, Hawthorn avait déjà remporté deux victoires pour la Scuderia, en 1953 et 1954, portant son total de victoire à trois, toutes acquises au volant d'une monoplace marquée de l'écusson du cheval cabré. Respecté par Enzo Ferrari lui-même pour son flegme et son pilotage, Hawthorn ne profite malheureusement pas longtemps de son titre mondial : il trouve la mort dans un accident de la route en janvier 1959 à seulement 29 ans.

Mike Hawthorn
Peter Collins
Comme son compatriote et contemporain Mike Hawthorn, Peter Collins n'a remporté que trois victoires en Formule 1, toute acquises au volant d'une Ferrari. Mais s'il n'a pas eu la chance d'être champion du monde, c'est que le natif de Kidderminster est tombé sur un os du nom de Juan Manuel Fangio.
En effet, la meilleure saison du Britannique, en 1956, lors de laquelle il remporte deux victoires de rang en France et en Belgique, il l'a passe au sein de la Scuderia Ferrari en tant que coéquipier de l'Argentin qui remporte cette année-là son quatrième titre mondial. Si ce dernier passez chez l'ennemie Maserati la saison suivante, la 801 que lui met dans les mains Enzo Ferrari ne permet pas à Collins de briller.
La saison 1958 semble cependant lui promettre plus de succès. Sa troisième victoire intervient en Grande-Bretagne où il devance son coéquipier Hawthorn. Malheureusement, quelques jours plus tard, Collins trouve la mort sur le Nürburgring, laissant son compatriote devenir le premier pilote britannique champion du monde de Formule 1...avec Ferrari.

Enzo Ferrari et Peter Collins
Tony Brooks
Britannique pur jus, Tony Brooks a passé la majorité de sa carrière engagé dans des équipes anglaises comme BRM, Vanwall ou Cooper. Il s'est cependant permis une incartade en 1959 en répondant aux sirènes de Ferrari.
Ce choix fût le bon car Brooks va remporter deux victoires, les deux dernières de sa carrière qui va s'étendre jusqu'en 1961, réaliser deux autres podiums et jouer le titre jusqu'à la dernière course face à Jack Brabham. Malheureusement, durant la saison, une série d'abandons sur problèmes mécaniques l'éloigne du Graal ultime.
Sa Ferrari Dino 246 à moteur avant, alors que les autres écuries se tournent vers la révolution du moteur arrière, ne le convainc par de rester avec la Scuderia au sein de laquelle il aura fait un passage éclair, mais fructueux.

Tony Brooks
John Surtees
Multiple champion du monde en moto, John Surtees débute en monoplace en 1960. Il va alors réaliser une carrière longue de 111 Grands Prix jusqu'en 1972 dont 30 derrière le volant d'une Ferrari entre 1963 et 1966.
Il réalise l'exploit, en 1964, d'être le premier champion du monde de moto à remporter le titre pilote en Formule 1, et qui plus est, au volant d'une Ferrari. Il n'a eu besoin que de deux victoires, en Allemagne et en Italie et d'une régularité sans faille (mise à part quatre abandons, il termine toujours sur le podium) pour empocher le titre tant convoité. C'est lors du Grand prix du Mexique que le Britannique scelle son destin au volant d'une monoplace bleue et blanche, des couleurs très éloignées du traditionnel rouge Ferrari, que son créateur, Enzo Ferrari, avait décidé d'abandonner e week-end là suite à un différent avec la fédération italienne.
L'histoire de John Surtess et Ferrari se termine en eau de boudin en 1966 suite à un conflit entre le Britannique et le directeur sportif de la Scuderia, Eugenio Dragoni. Classe comme un Anglais, Surtees se sépare de la Scuderia sur une victoire en Belgique, dans des conditions météorologiques dantesques.

John Surtees
Nigel Mansell
L'histoire de Nigel Mansell est celle d'un pilote besogneux qui aura attendu six saisons pour remporter sa première victoire en Formule 1 et douze avant d'être sacré champion du monde. Entre temps, la moustache la plus connue de paddock aura succombé aux charmes des bolides rouges.
C'est en 1989 que Mansell rejoint la Scuderia, au côté de Gerhard Berger. Cette année là, Ferrari prend des accents britanniques. Le concepteur de la nouvelle 640 est le très british John Bernard qui introduit, entre autre, les boites de vitesse automatiques avec palettes au volant.
"Il Leone", comme le surnomme affectueusement les tifosi, remporte sa première course avec Ferrari dès sa première tentative au Brésil. Mais face aux intouchables McLaren d'Alain Prost et Ayrton Senna, Nigel ne peut pas faire de miracle, malgré son style de pilotage agressif. Il remporte une deuxième victoire en Hongrie mais une série d'abandons et de casses mécaniques l'éloignent des podiums et du titre.
En 1990, il voit débarquer à ses côtés le champion du monde en titre Alain Prost, qui se met rapidement l'équipe de son côté. Démoralisé, Mansell annonce sa retraite (qui n'en sera pas vraiment une) en cours d'année mais offre néanmoins une dernière victoire aux tifosi lors de la manche au Portugal.