L'affaire du podium de Monaco prend une nouvelle tournure après la conférence des Team Principal où Flavio Briatore accuse directement un juge de la FIA d'être lié à McLaren et donc remet en cause son impartialité.
En marge du Grand Prix d'Italie, Flavio Briatore a vivement remis en cause l'impartialité d'un juge de la Cour d'appel internationale de la FIA dans l'affaire des pénalités de Pierre Gasly à Monaco, déclenchant une vive passe d'armes avec McLaren.
Briatore s'insurge d'un conflit d'intérêt...
Le paddock de Monza est devenu le théâtre d'une vive polémique institutionnelle. Flavio Briatore, conseiller exécutif de l'écurie BWT Alpine F1 Team, a déclenché une vive controverse en remettant en cause l'impartialité de la Cour d'appel internationale (CIA) de la FIA, à la suite de la décision de réimposer les pénalités de Pierre Gasly au Grand Prix de Monaco et de lui retirer son podium au profit d'Isack Hadjar.
Brandissant une feuille de papier lors de la conférence de presse des directeurs d'écurie du Grand Prix d'Italie, le dirigeant italien s'en est pris directement à l'un des quatre juges du panel, l'avocat américain Filippo Marchino. Briatore a affirmé que ce dernier présentait des liens étroits avec McLaren, écurie qui avait porté appel aux côtés de Red Bull contre la décision initiale d'annuler les sanctions du pilote français.
« D'abord, nous acceptons la décision, mais ce qui est très étrange, c'est que sur les quatre juges du panel, l'un d'eux a agi comme un procureur », a déclaré Flavio Briatore. « Pour nous, ce n'est pas un grand problème. Le problème est qu'il est très lié à l'entreprise McLaren, car nous avons une belle photo de cet homme lors d'un discours pour McLaren en 2018 chez McLaren Special Operations à Beverly Hills. Il a une fondation (la One Drop Foundation) à laquelle McLaren a donné deux ou trois voitures. Je pense qu'il était assez injuste que l'un des juges soit lié à une équipe qui nous attaquait. »
Une accusation de conflit d'intérêts balayée par McLaren
Filippo Marchino, avocat chevronné spécialiste des litiges complexes aux États-Unis et élu à la Cour d'appel de la FIA en décembre 2023, n'était pas présent pour répondre à ces attaques. Briatore a insisté sur le fait que le juge s'était montré « très agressif durant l'audience », agissant selon lui comme un véritable procureur de l'accusation contre Alpine, la FIA et Formula One Management.
Également présent à la tribune, le directeur d'écurie de McLaren, Andrea Stella, a immédiatement réagi avec fermeté pour défendre l'honneur de sa structure. « Je trouve que cette conférence prend une tournure assez insultante pour McLaren et pour la réputation d'une équipe qui mérite beaucoup de respect », a rétorqué le dirigeant italien. « Si quelqu'un lance ce genre d'accusations, qui me semblent très graves, il devra assumer la responsabilité de ce qu'il dit dans un espace public. L'audience de la Cour d'appel internationale s'est déroulée selon les normes les plus strictes, et nous ne devrions pas remettre en question cette affaire comme cela est fait. »
Relancé sur les raisons pour lesquelles Alpine n'avait pas contesté la présence de Marchino avant la tenue de l'audience, Briatore a affirmé que son équipe ignorait l'existence de ces liens au moment des faits. « Nous n'en avions aucune idée », a-t-il répliqué. « Nous sommes allés à l'audience et nous avons vu... c'était très cocasse, parce que ce juge n'était pas un juge, c'était un procureur contre la FIA, contre nous et contre la FOM. Ce n'est qu'après que nous avons découvert ses liens avec l'écurie McLaren. »
Avenir juridique flou mais tension maximale
Bien que le conseiller d'Alpine ait répété à plusieurs reprises que son écurie « accepte la décision », le soupçon insufflé sur l'équité du système judiciaire sportif laisse planer une lourde atmosphère entre les deux structures. Interrogé sur d'éventuelles poursuites ou sur une nouvelle demande de révision juridique, le dirigeant s'est montré évasif, indiquant simplement que l'écurie tricolore « réfléchit à la suite des événements ».