Empêchées par des restrictions de voyage internes liées à la sécurité au Moyen-Orient, les écuries Toyota et Hyundai ont informé la FIA de leur incapacité actuelle à disputer la manche finale du WRC en Arabie saoudite.
C'est une information que relaie nos confrères de DirtFish, les équipes Toyota et Hyundai ne pourront pas faire le déplacement au Moyen-Orient pour la dernière manche en Arabie saoudite.
Double impasse pour le Rallye d'Arabie saoudite
Face à la paralysie des deux cadors du championnat, la Fédération internationale de l'automobile tente de garder le cap et s'efforce de trouver une porte de sortie pour sauver la grande finale saoudienne. Emilia Abel, directrice des sports routiers à la FIA, tempère la situation :
« Pour le moment, aucune décision ni annonce officielle n'a été faite. Le travail progresse comme prévu, rien n'a été reporté ni suspendu. Mais il est vrai qu'il existe une limite logistique. »
Bien qu'aucune date butoir n'ait été formellement officialisée par les instances, le couperet pourrait tomber dès ce lundi. Un observateur avisé souligne d'ailleurs cet indice révélateur : « Si vous observez le Rallye d'Italie, la date limite d'engagement a été prolongée d'une semaine, les inscriptions pour la Sardaigne se clôtureront désormais ce lundi à minuit. Cela donne peut-être une idée de l'échéance à venir pour la décision concernant l'Arabie saoudite. »
En écho aux instances, le promoteur du WRC cherche à équilibrer les exigences sportives et diplomatiques. Julien Vial, directeur des opérations du WRC Promoter, insiste sur la délicate équation à résoudre : « Nous suivons évidemment la situation de très près. Nous devons concilier les recommandations de la FIA et les inquiétudes des équipes, que nous partageons pleinement en matière de sécurité, tout en honorant nos engagements contractuels avec l'Arabie saoudite. »
À l'opposé du blocus décrété par ses rivaux asiatiques, la structure M-Sport adopte une posture nettement plus souple. Son directeur, Richard Millener, temporise et préfère s'en remettre aux directives officielles du Royaume-Uni :
« Dans ce genre de scénario, nous suivons naturellement les conseils du ministère des Affaires étrangères et, à ce jour, les restrictions de voyage ne concernent que la zone située à moins de 10 kilomètres de la frontière entre l'Arabie saoudite et le Yémen. Évidemment, notre priorité absolue reste la sécurité de notre personnel et nous respecterons quelle que soit la décision finale. »
Un blocus patronal d'une fermeté absolue
Ce séisme institutionnel a pris racine dans une missive commune expédiée par les deux géants asiatiques. Selon les informations obtenues par DirtFish, Toyota et Hyundai ont formellement signifié à la FIA et au promoteur du WRC que leurs équipes se trouvaient dans l'impossibilité de faire le voyage vers la péninsule arabique. Les directeurs sportifs Kaj Lindström (Toyota) et Andrew Wheatley (Hyundai) ont paraphé une lettre conjointe adressée aux hautes instances sportives pour exposer le blocage entourant l'épreuve prévue en novembre dans la région de Djeddah.
Les deux constructeurs appliquent en effet des politiques de restriction de déplacement extrêmement strictes au sein de leurs groupes respectifs. Ces consignes de prudence frappent de plein fouet certaines zones du Moyen-Orient, incluant directement le théâtre de la manche de clôture du WRC.
Du côté du constructeur coréen, la consigne reste prudente mais ferme : « Il existe des restrictions sur les déplacements professionnels vers le Moyen-Orient qui font l'objet d'un suivi quotidien et évoluent en permanence », indique la direction de Hyundai.
Des consignes d'entreprise strictes qui paralysent le paddock
Même son de cloche du côté du géant japonais, entièrement pieds et poings liés par les directives de sa maison mère : « L'équipe Toyota Gazoo Racing World Rally Team dépend totalement de la Toyota Motor Corporation et l'ensemble de nos membres doit se conformer aux réglementations du groupe », précise un communiqué du constructeur nippon. « Une politique interne interdit actuellement tout déplacement au Moyen-Orient. En tant qu'entreprise et en tant qu'équipe, nous recevons chaque semaine une mise à jour du siège pour savoir si cette consigne évolue. »
Par cette décision d'entreprise sans concession, les deux géants de l'automobile plongent la fin de saison du championnat du monde des rallyes dans le plus grand flou artistique. Si la FIA parvient à trouver un terrain d'entente, l'épreuve saoudienne pourrait être sauvée de justesse. Dans le cas contraire, c'est tout le sommet du WRC qui se verrait privé de ses deux têtes d'affiche pour le final de la saison.