Malgré la perte d'une victoire promise à Monza face à son coéquipier Kimi Antonelli, George Russell garde la tête haute et savoure la démonstration de force de Mercedes.

Au sortir d'un Grand Prix d'Italie spectaculaire, le Britannique revient sur le coup de poker stratégique qui a fait basculer la course en faveur du prodige italien.

Russell voit la domination d'Antonelli et ne pense plus au titre

George Russell a qualifié le Grand Prix d'Italie de « course formidable » d'un point de vue neutre après avoir décroché la deuxième place derrière son coéquipier chez Mercedes, Kimi Antonelli, tout en reconnaissant que la Voiture de Sécurité Virtuelle (VSC) avait finalement redistribué les cartes. Le Britannique avait pourtant régné en maître sur le début d'épreuve à Monza après avoir soufflé la tête de la course à Pierre Gasly dès le deuxième tour. S'en était suivie une joute à couteaux tirés aux avant-postes contre Max Verstappen, avant que la remontée fantastique d'Antonelli depuis la 19e place ne propulse la seconde Flèche d'Argent dans le peloton de tête.

« Dès que j'ai vu Kimi remonter à la cinquième place en seulement quelques tours, j'ai su qu'il viendrait se mêler à la bagarre », a confié Russell. « C'était un véritable casse-tête chinois pour briser l'aspiration. Le pilote en tête se retrouvait immédiatement dans le viseur du poursuivant, ce qui a créé cet effet d'accordéon et emmené tout le peloton dans notre sillage au début. »

Malgré ce succès envolé, Russell préfère voir le verre à moitié plein. Ce podium confirme sa santé de fer depuis la trêve estivale, le pilote Mercedes enchaînant les tops 3 sur chaque épreuve et Sprint. « Je vais ne retenir que le positif de ce week-end car, à titre personnel, la période d'avant-pause a été une vraie traversée du désert », a reconnu Russell.

« Depuis la reprise, avec le Sprint et ces deux courses, nous sommes abonnés au podium. Alors oui, j'aurais adoré monter sur la plus haute marche aujourd'hui, mais la dynamique n'a plus rien à voir avec nos errances d'hier. »

Cette deuxième place complique néanmoins sa quête de couronne mondiale. Antonelli compte désormais un matelas confortable de 66 points d'avance, s'installant royalement dans le fauteuil de patron du championnat. Lucide face à l'ampleur du gouffre, Russell refuse pourtant de se laisser paralyser par les chiffres.

« Kimi a la main sur le championnat et il mérite amplement cette position », a admis Russell. « De mon côté, je ne pense même pas à une remontée fantastique ou au titre. Je prends les courses les unes après les autres en cherchant à extraire le maximum de chaque week-end. »

Saluant la forme étincelante de son jeune rival, il conclut avec philosophie : « Il évolue sur une autre planète. Combler un tel retard relèvera du parcours du combattant, alors j'accepte la situation telle qu'elle est et je vais simplement courir l'esprit libre en visant le plus de victoires possible. »