Déterminée à faire appliquer le règlement à la lettre, l'écurie Audi conteste la décision des commissaires d'épargner Yuki Tsunoda après la procédure de départ avortée au Grand Prix d'Italie.
Dans les coulisses de Monza, la bataille de la piste s'est muée en un bras de fer juridique brûlant où chaque point glané vaut son pesant d'or au championnat.
Tsunoda épargné, Audi conteste
L'écurie Audi a interjeté appel de la décision prise par les commissaires du Grand Prix d'Italie de ne pas appliquer le règlement sportif de la Formule 1 concernant l'infraction présumée de Yuki Tsunoda lors de la première tentative de relance.
Tsunoda devait s'aligner sur la 14e position sur la grille pour le départ, mais s'est initialement dirigé vers la 15e place avant de bifurquer vers la droite. Le pilote est parvenu à garer sa monoplace dans le 14e emplacement sans dépasser la ligne limite vers l'avant, bien que sa monoplace Racing Bulls se soit retrouvée en travers, pointant légèrement vers le mur des stands.
Face à cet alignement bancal, le directeur de course Rui Marques a ordonné un second tour de formation, expliquant aux commissaires « qu'il ne s'estimait pas en mesure d'autoriser le départ avec une voiture placée de la sorte ». L'affaire a été portée devant le collège des commissaires, mais au terme d'une enquête d'après-course portant sur une violation présumée de l'article B5.9.4 du règlement sportif (relatif à un pilote provoquant un tour de formation supplémentaire), la direction de course a blanchi Tsunoda de toute responsabilité directe.
Pourtant, la règle est gravée dans le marbre : tout pilote provoquant un tour de chauffe additionnel mais restant capable de s'élancer doit « regagner la voie des stands à la fin dudit tour et prendre le départ depuis la ligne de sortie des stands ». Or, Racing Bulls a plaidé sa cause avec succès en démontrant que la monoplace de Tsunoda ne se trouvait pas dans une position de « faux départ » (la bande de roulement des pneus avant ne dépassant pas de l'emplacement de la grille), qu'aucun concurrent n'avait été gêné par cette manœuvre, et que Tsunoda n'était nullement « l'élément déclencheur » de ce tour supplémentaire, l'équipe n'ayant d'ailleurs reçu aucune notification en ce sens.
La nuance fondamentale réside donc dans le fait que les commissaires ont estimé que « ce tour de formation supplémentaire découlait de la seule appréciation de la situation par le directeur de course ». Ils ont ainsi renoncé à appliquer le fameux article, ajoutant que Racing Bulls n'avait « selon toute évidence, aucune raison d'ordonner à son pilote de repasser par les stands pour s'y élancer ». S'estimant pieds et poings liés, ils ont jugé impossible d'infliger une pénalité de stop-and-go à Tsunoda.
Une clémence que le constructeur aux anneaux refuse d'avaler.
Dans un bref communiqué, Audi a indiqué avoir « exprimé son vive désaccord concernant l'application de l'article B5.9.4 » dès l'arrivée du Grand Prix, avant de notifier officiellement son intention de faire appel dans la foulée du classement sans suite prononcé par les juges.
Il faut dire qu'Audi jouerait gros dans cette affaire en cas de sanction rétroactive. Comme le prévoit le code sportif de la F1, toute pénalité de stop-and-go non purgée en piste est automatiquement convertie en une sanction de 30 secondes ajoutée au temps de course. Une punition qui ferait chuter Tsunoda (auteur du point de la 10e place pour son intérim chez Racing Bulls) jusqu'au 15e rang, offrant sur un plateau la dernière unité distribuée à Gabriel Bortoleto, le pilote Audi.