Après la collision au premier virage de Monza où Leclerc avait tassé Hamilton dans les graviers, les deux pilotes se sont expliqués entre quatre yeux pour enterrer la hache de guerre avant le Grand Prix de Madrid.

L'étincelle du temple de la vitesse aurait pu embraser le garage Ferrari. Face aux médias, Lewis Hamilton livre les coulisses d'une explication au sommet avec son coéquipier monégasque.

Hamilton et Leclerc éteignent l'incendie après Monza

L'explication entre les deux pilotes de la Scuderia avait pris des allures de duel face aux médias. En tentant une manœuvre incisive à l'intérieur de la première chicane, Lewis Hamilton avait été écarté sans ménagement dans les graviers par Charles Leclerc. Amère pilule pour le Britannique, qui voyait son retard au championnat grimper à 76 points derrière Kimi Antonelli et lâchait à chaud qu'il n'y avait « aucune règle du jeu » ni « aucun exprit d'équipe » dans le comportement de son équipier.

Entre le rendez-vous italien et l'étape de Madrid, le dialogue a repris le dessus pour éviter le choc frontal. Hamilton a d'abord échangé avec le patron de l'écurie, Fred Vasseur, avant de faire face à Leclerc pour crever l'abcès.

« L'échange a été extrêmement positif. J'ai parlé avec Fred dès lundi pour mettre les choses à plat. C'est dans notre nature de pouvoir avoir des opinions divergentes, mais l'essentiel est de nous retrouver pour tracer la voie à suivre. C'est la grande force du dialogue interne que nous avons construit depuis 15 mois, avec l'équipe comme avec Charles. Si l'on regarde l'histoire de ce sport, ces passes d'armes ont toujours existé, il n'y a rien de dramatique. »

La culture d'équipe face au défi des consignes de course

Relancé sur la possibilité d'imposer des règles d'engagement strictes en piste, le septuple champion du monde s'est montré pragmatique, refusant les remèdes de cheval appliqués à la hâte : « Nous n'en avons pas parlé. On ne peut pas tout changer en deux jours avant un week-end de course. Il y a énormément de paramètres en jeu, une multitude d'intervenants et une culture ancrée depuis très longtemps. Faire bouger des lignes aussi lourdes exige du temps. Nous avançons étape par étape, en commençant par dialoguer. »

« L'essentiel est la prise de conscience que nous avons en interne. Il s'agit maintenant de trouver des solutions ensemble, et cela ne se fait pas du jour au lendemain. Nous allons procéder à des essais, essuyer d'autres plâtres, mais nous finirons par atteindre l'équilibre parfait. »

L'épreuve de maturité pour le duo d'assaut de la Scuderia

Loin de fuir la confrontation, les deux chefs de file de la Scuderia ont préféré la franchise brute pour préserver la cohésion du Cheval Cabré : « Ce qui est remarquable, c'est que personne ne s'est défilé. Nous nous sommes assis face à face, les yeux dans les yeux, en toute sincérité, et nous avons enterré la hache de guerre pour aller de l'avant. Cela prouve une réelle maturité de sa part et c'est ce qu'il y a de plus sain. C'est une relation que nous avons bâtie au fil du temps. »

« Il y aura évidemment des frustrations et d'autres moments de tension. Notre proximité en piste nous amènera à nous recroiser de très près, car nous partageons la même faim de victoire et le même désir de faire triompher l'équipe. »