Lors d'une première journée rythmée par une météo capricieuse, le Suédois Oliver Solberg a dicté sa loi au volant de sa Rally1 pour devancer le leader du championnat Elfyn Evans.
Le passage brutal de la gadoue matinale à la terre abrasive n'a en rien déstabilisé Oliver Solberg. Pour son grand baptême chilien dans la catégorie reine, le jeune loup a su tirer son épingle du jeu pour s'emparer des commandes de l'épreuve à l'issue de l'étape de vendredi.
Chili ES6 : Solberg accroit son avance sur Evans
La journée s'est ouverte sous des cieux que personne n'osait imaginer la veille. Les pluies nocturnes ont transformé le premier passage de Turquía en une véritable patinoire, gommant le redoutable désavantage du balayage pour Elfyn Evans, ouvreur sur cette manche. Mais c'est Oliver Solberg, déjà sacré en WRC2 ici-même en 2023 et 2025, qui a frappé le premier en reléguant le Gallois à 1,4 seconde. Evans a riposté sèchement sur Nuevo Rere pour lui subtiliser les commandes pour un souffle (0"4), avant qu'une attaque chirurgicale de Solberg sur Hualqui ne lui permette de regagner l'assistance avec 2,3 secondes d'avance.
L'après-midi, sous un soleil asséchant les routes, la physionomie de la course a de nouveau muté pour offrir cinq vainqueurs d'étapes différents sur la journée. Sami Pajari s'est offert le second passage de Turquía, Sébastien Ogier a survolé Nuevo Rere, et Solberg a enfoncé le clou sur l'ultime spéciale. "Je suis revenu aux réglages que j'avais plus tôt sur la voiture", a confié le leader suédois. "Au début de la spéciale, j'étais trop prudent, j'essayais de rouler proprement. Je pense que c'était un après-midi où il était important de rester propre. Je suis heureux."
Des enjeux colossaux pour le championnat
Derrière ce duo, la bataille fait rage au classement général, où Evans (2e, +10"1) compte actuellement 20 points d'avance sur Pajari, lui-même talonné par Solberg (à 21 unités). "C'est plutôt positif", a reconnu Evans, soulagé par les averses matinales. "L'après-midi a été plus difficile, ou tout du moins aussi dur qu'on l'imaginait. Les temps ne suivaient pas toujours nos efforts, espérons que ce sera mieux demain."
Après un réveil douloureux dans la boue (+17"8 concédées d'entrée), le Finlandais Sami Pajari s'est transcendé l'après-midi pour remonter à la cinquième place (+21"7). Il talonne Adrien Fourmaux, héroïque troisième à 18,0 secondes malgré un pépin technique le matin, et Sébastien Ogier (quatrième à 1"7 du Français). S'exaltant au volant, Fourmaux savourait : "Piloter cette voiture dans ces spéciales est l'une des meilleures choses au monde. C'est tellement agréable. J'ai fait une très bonne spéciale vu mes pneus. J'ai tout donné."
Thierry Neuville, freiné par une fuite d'amortisseur, complète le top 6 (+27"4). Chez M-Sport Ford, Josh McErlean (7e) devance son coéquipier Jon Armstrong de 2,4 secondes, tandis qu'Esapekka Lappi bataille au 9e rang et que Nikolay Gryazin domine le WRC2 à la 10e place absolue (avec 8"5 d'avance sur Robert Virves). Côté déceptions, Takamoto Katsuta a bu le calice jusqu'à la lie : piégé après seulement 6,2 km, le Japonais s'est échoué loin des spectateurs. Lui et son copilote remplaçant James Fulton s'en sortent heureusement indemnes. La longue chevauchée de samedi (deux passages sur Pelún, Lota et le juge de paix de María las Cruces (28,31 km) pour un total de 139,2 km chronométrés) s'annonce déjà comme l'épreuve de vérité.
