Le mariage entre la Silicon Valley et la Formule 1 s’apprête à passer à la vitesse supérieure. Apple, par la voix d'Eddy Cue, annonce déjà des velléités de suite pour le film officiel et une ambition télévisuelle sans frontières.

À l'occasion du Grand Prix de Miami, Eddy Cue, vice-président senior des services chez Apple, a levé le voile sur les ambitions dévorantes de la marque à la pomme dans l'univers de la monoplace. Entre le succès retentissant de sa première production cinématographique et l'exclusivité des droits de diffusion aux États-Unis, Apple ne se contente plus de suivre la course : elle compte bien en dicter le rythme.

Apple vise une ambition mondiale avec la F1

Le premier opus, porté par Brad Pitt, a agi comme une véritable révélation pour Apple Original Films. Avec un budget colossal estimé à 200 millions de dollars, le long-métrage a franchi la ligne d'arrivée avec les honneurs, récoltant pas moins de 634 millions de dollars de recettes mondiales selon les données d'IMDb. Un score qui transforme l'essai et justifie, aux yeux des décideurs, une suite quasi inévitable.

Interrogé par Reuters, Eddy Cue n'a pas caché son enthousiasme : « J'espère et je m'attends à ce qu'il y en ait une », a-t-il lancé, confirmant que le studio ne comptait pas laisser refroidir le moteur de cette nouvelle franchise. Une suite qui avait déjà été évoquée et confirmée par Jerry Bruckheimer. Ce succès cinématographique n'est que la partie émergée d'un iceberg numérique plus vaste, destiné à asseoir la domination d'Apple TV sur le sport mécanique.

En prenant le relais de Disney (ESPN) cette saison pour la diffusion exclusive de la F1 aux États-Unis, Apple a frappé un grand coup stratégique. Les 24 manches du calendrier sont désormais la propriété de l'écosystème californien, une rampe de lancement idéale pour tester la fidélité des fans américains avant de viser un horizon plus lointain.

L'ambition d'un empire sans frontières

Apple ne compte pas rester cantonnée au marché de l'Oncle Sam. Eddy Cue rêve ouvertement d'une expansion internationale. « Commencer par les États-Unis, qui est un marché immense pour nous, est la bonne manière de faire. Mais il serait fantastique de s'étendre ailleurs », a-t-il précisé. La stratégie est claire : faire de la diffusion américaine un succès retentissant pour transformer Apple TV en diffuseur mondial incontournable du sport automobile.

Pour la firme de Cupertino, il n'est pas question de faire les choses à moitié. Quand Apple s'engage, elle « mise tout », avec la conviction que son expertise technologique fera la différence dans l'expérience spectateur. Ce virage vers les sports mécaniques est d'autant plus crédible que le sommet de la pyramide d'Apple partage cette passion. La nomination de John Ternus au poste de PDG, en remplacement de Tim Cook, promet de resserrer encore davantage les liens entre la technologie et la piste. Là où Tim Cook appréciait le spectacle, John Ternus, lui, vit la course de l'intérieur.

Le nouveau boss d'Apple est un pilote de course

Le nouveau patron d'Apple est un véritable mordu de vitesse. « John conduit une Porsche et participe à des courses amateurs », a révélé Eddy Cue pour souligner l'engagement personnel du nouveau CEO. Absent à Miami car il se trouvait sur le circuit de Laguna Seca, Ternus est décrit comme un supporter inconditionnel de la F1, prêt à offrir un soutien total aux projets liés au sport automobile.

Avec un pilote aux commandes, Apple s'assure une présence accrue dans les paddocks du monde entier. On peut s'attendre à voir Ternus sur les circuits encore plus régulièrement que son prédécesseur, insufflant une énergie nouvelle à la stratégie sportive de l'entreprise. L'avenir de la F1 passera donc, sans aucun doute, par les serveurs de Cupertino. Entre suites cinématographiques et conquête des droits de diffusion mondiaux, Apple a enclenché le mode « DRS » et ne semble pas prête de lever le pied.