Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, a annoncé le retour prochain des V8 en F1. Une nouvelle règlementation technique qui s'approche des standards américains, comme Ford et Cadillac.

On se dirige vers une nouvelle règlementation technique pour l'horizon 2030, alors même que la F1 vient d'adapter une nouvelle formule pour 2026 avec une répartition de la puissance quasiment à parité entre le thermique et l'électrique. Oui mais voilà, recharger une batterie d'une telle capacité, nécessite des compromis, que les pilotes et les téléspectateurs ont du mal à accepter.

Ford et Cadillac, ravis du retour du V8 ?

Le week-end dernier à Miami, Ford Racing et Cadillac F1 (les deux motoristes américains de la grille) ont évolué à domicile. Et bientôt, ils pourront s'exprimer avec une nouvelle motorisation qui correspond mieux aux standards du marché local, le V8 plutôt que les V6 Turbo hybrides actuels. Les deux géants de Detroit partagent un même objectif : s’imposer au sommet du sport automobile mondial.

Un jour peut‑être, Cadillac F1 et Ford Racing se disputeront la victoire roue contre roue, mais pour l'heure, chacun des constructeurs respectent un calendrier différent. Pour Ford Racing, il s'agit d'un retour officiel dans la discipline en était associa à Red Bull Powertrains pour la conception de ce nouveau V6 Turbo hybride introduit en 2026. La marque à l'ovale bleu n'est pas revenu dans la catégorie reine des monoplaces pour faire de la figuration et compte bien œuvrer au retour en grâce de Red Bull Racing.

« C’était le bon moment pour revenir », confie Will Ford, directeur de Ford Racing. Pour lui comme pour Mark Rushbrook, patron de Ford Performance, la F1 reste « le sommet de l’innovation automobile ». Le choix de Red Bull, équipe championne, s’est imposé comme une évidence.

Pour Cadillac F1, l'accession à la discipline fut quelque peu chaotique car le projet initial était porté par Andretti Autosport, la structure de Michael Andretti, fils de Mario. Puis, l'arrivée en tant que 11e équipe sur la grille de départ fut conditionnée à l'abandon du nom Andretti pour une entête plus flatteuse pour le marché mondial et américain : Cadillac. Pour l'heure, ils sont propulsé par les blocs moteur made in Maranello, mais le moteur Cadillac / General Motors doit introduire son moteur maison en 2029, voire attendre la future règlementation technique du V8 que Mohammed Ben Sulayem espère pour 2030.

De son côté, GM savoure un accomplissement express. « En un an, nous avons une voiture, quelques courses, et une équipe qui fonctionne », se réjouit Mark Reuss, président de GM. Dans le paddock, le respect est unanime : « Crédit à Cadillac », salue David Coulthard. « Ils ont monté une équipe complète en pleine transition réglementaire. »

Beaucoup militent pour un retour du V8 alimenté par carburant synthétique. « On ne peut pas être à fond partout », regrette Lando Norris. « Il faudra enlever la batterie pour régler ça. » Un discours qui résonne fort à Detroit. Les deux marques américaines sont synonymes de V8 depuis des décennies. Avec la prochaine réglementation prévue pour 2029, le retour du V8 est une option sérieuse. « On adorerait voir un V8 en F1 », glisse Rushbrook.