Introduit dans la saison 2011, le système DRS (Drag Reduction System) est l’aileron arrière mobile. Cela permet aux monoplaces d’augmenter leur vitesse de pointe. Le but est de permettre aux pilotes de bénéficier de meilleures chances de dépassements.

Si la FIA bouillonne d’idées pour redorer le blason de la F1, en modifiant le règlement, le but ultime est de confirmer l’excellence de la F1 inscrite depuis des décennies. L’Histoire de la F1 est façonnée des modifications des règles techniques et sportives, afin que les ingénieurs puissent exceller de leur talent. Ceci afin de mettre en exergue ce qu’est la F1 au sport automobile : le summum !

Quel est le but premier du DRS ?

Par définition cet artifice aérodynamique, l’aileron arrière mobile permet à la monoplace suiveuse de gagner en vitesse de pointe. Avec environ 15 à 20 km/h cela permet de se défaire de son adversaire direct ! Ceci dans le but d’agrémenter un spectacle trop stagnant pour le téléspectateur, qui reprochait à la F1 d’être trop monotone. Alors, le DRS permet effectivement d’augmenter le nombre de dépassements, mais est-ce son unique fonction ?

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Est-ce un simple artifice aérodynamique ?

Cet élément de carrosserie amovible s’actionne sous certaines conditions. Le pilote doit se trouver à moins d’une seconde derrière son adversaire en franchissant la ligne de détection, être dans le troisième tour de course, rouler dans des conditions de piste sèche et que la course ne soit pas neutralisée. Les aléas de la course conditionnent l’activation du DRS.

Prenons l’exemple d’un pilote P en tête de course d’une écurie A, ayant pour poursuivant direct le pilote T d’une écurie B, ce dernier tenu à distance respective sans qu’il ne soit une menace immédiate. L’écurie A demande à son pilote P de ralentir sa cadence afin que le pilote T refasse son retard. Il accentuera son rythme de course pour essayer de se placer dans la fameuse zone de DRS, tout en dégradant fortement ses pneumatiques. Ce faisant l’écurie A espère écourter la durée de vie des gommes de son adversaire en l’incitant à rentrer dans les stands plus tôt qu’il ne l’avait programmé.

Même exemple si le pilote n°2 de l’écurie A se trouve juste derrière le pilote de l’écurie B, alors second. Le pilote A de tête pourra opter pour la même stratégie en espérant que cela soit bénéfique à son coéquipier. Ce dernier se replaçant dans la course au podium pour le doublé de son équipe. Une écurie affinera toujours sa stratégie pour effectuer le doublé, et tentera de priver de gros points leurs adversaires.

Le DRS est bien un système d’offensive, mais également (et surtout) de défense si l’on sait appliquer la stratégie adéquate d’une écurie, c’est à dire la hiérarchie respectée des pilotes, le numéro 2 aidant le numéro 1.

RedBull DRS
Image : Red Bull

Existe-t-il un piège à l’utilisation du DRS ?

Cette possibilité de dépassement pour les pilotes « au bon endroit dans le bon timing » n’est pas dénuée de pièges ! En effet, il faut savoir utiliser le DRS à bon escient. Sur le circuit d’Abu Dhabi, par exemple, les deux zones allouées au DRS se succèdent.
Elles sont sur les deux lignes droites entrecoupées d’une chicane, avec deux points de détection bien distincts. Ainsi, si un pilote prend l’ascendant sur la monoplace le précédant dans la première zone DRS, il y a de fortes probabilités que ce dernier soit à son tour idéalement positionné pour bénéficier du DRS dans la zone suivante. Au final, les positions restent inchangées.

Conclusion

La bonne attitude à adopter est de ne pas doubler dans la première ligne droite. Il faut attendre stratégiquement de pouvoir se défaire de son adversaire dans la seconde zone. Le pilote pourra imprimer son rythme de course et s’échapper du piège des pilotes chicanes. Il existe quelques pilotes rusés, qui ont feints d’être le pilote en retrait sur la ligne de détection, et ainsi pouvoir bénéficier de l’aileron mobile.

Le DRS n’est pas un simple artifice aérodynamique qui facilite les manœuvres de dépassements. Il a une fonction première de stratégie de course, incitant les pilotes à forcer la cadence pour tromper l’adversaire. Il opère les deux fonctions, offensive et défensive. La FIA et la FOM ont aussi introduit cette nouvelle règle qui nous permet d’observer les erreurs stratégiques des écuries.