La semaine passée, à Algarve, la manœuvre de Darryn Binder, promu en MotoGP la saison prochaine, sur Dennis Foggia a fait beaucoup parler. L'idée d'une Super Licence a même été entendue.

La Super Licence a été instaurée en F1 en 1982, dans un contexte houleux. Aujourd'hui, il est la clé d'entrée pour rejoindre le pinacle de la monoplace. Des conditions sont à respecter comme l'âge (il faut voir 18 ans révolu), parcourir 300 kilomètres à bord d'une F1 ou encore avoir 40 points, via les résultats dans les autres disciplines offrant des points, au cours des trois dernières années (quatre depuis le début de la pandémie mondiale).

Ce système a sa place dans le monde de la monoplace, où les championnats ne suivent pas un chemin logique, malgré la mise en place d'une pyramide allant de la Formule 4 à la FIA F2.

Le monde de la MotoGP est totalement différent. Pour accéder en MotoGP, le chemin le plus logique est un passage en Moto3 puis en Moto2. Cette ascension rappelle celle de la F1 avec la FIA F3 et la FIA F2.

La Super Licence bientôt en MotoGP ?

Interrogés lors de la conférence de presse du jeudi, les pilotes MotoGP se sont exprimés sur le sujet. Comme sur tout sujet sensible, il y a deux clans : ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Parmi le clan des "pour", on retrouve Francesco Bagnaia. Le pilote Ducati pense que le système adopté par la F1 pourrait avoir sa place en MotoGP.

"Je pense que nous avons besoin de cette licence, comme en F1, car vous ne pouvez être promu que lorsque vous avez atteint un certain niveau de performance dans votre championnat'', explique-t-il.

Joan Mir va plus loin en s'exprimant sur les pénalités qui sont donnés durant les courses.

"Il est important que les actions de Darryn Binder soient punies. Cependant, il ne devrait y avoir aucune pénalité durant la course, mais rétrospectivement pour la course suivante. Sinon rien ne changera dans le comportement des pilotes'', déclare le Champion du Monde 2020.

Parmi les "contre", on retrouve le nouveau Champion du Monde MotoGP Fabio Quartararo, qui fait confiance aux sanctions données plutôt qu'à un système de Super Licence. On retrouve dans ce clan Jack Miller. Le pilote Ducati a fait le grand saut entre la Moto3 et la MotoGP.

"Ce qui s'est passé n'était pas agréable pour tout le monde. Ni pour Foggia, ni pour Binder. Mais des erreurs comme celle-ci peuvent arriver. Je connais la pression qui s'exerce sur vous lorsque vous passez de la Moto3 à la MotoGP. Mais nous l'avons vu nous-mêmes avec Valentino Rossi, vous pouvez faire des erreurs comme celle-ci même après neuf titres de Coupe du monde'', explique le pilote australien.