Nigel Bailly et La Filière Frédéric Sausset, objectif 24 Heures du Mans 2020!

2018-11-22T09:31:29+00:00mercredi 21 novembre 2018|WEC|

Nigel Bailly fait parti du grand défi lancé par Frédéric Sausset en juin 2017 lors de la semaine des 24 Heures du Mans, celui d’accompagner des pilotes issus du handicap au plus haut niveau international de pilotage et notamment aux 24 Heures du Mans 2020 avec La Filière Frédéric Sausset, Un Volant pour Tous.

Frédéric Sausset, premier pilote quadri amputé de l’histoire du sport automobile à participer et terminer les 24 Heures du Mans, s’est lancé un grand défi fin 2017: celui d’accompagner des pilotes issus du handicap au plus haut niveau international de pilotage en intégrant La Filière Frédéric SAUSSET, Un Volant pour Tous, Filière d’excellence soutenue par le Président Jean Todt (FIA), Le Président Pierre Fillon et Vincent Beaumesnil (ACO), Le Président Nicolas Deschaux (FFSA), et de nombreux partenaires publiques et privés.

Le premier équipage à intégrer ce cursus de trois années de formation en endurance avant les 24 Heures du Mans 2020 vient de terminer la première partie de son programme. Nigel Bailly, Takuma Aoki et Snoussi Ben Moussa sortent d’une très belle première saison en VdeV Endurance Series de cinq courses en ralliant l’arrivée à quatre reprises dont trois sur le podium.

Rencontre avec Nigel Bailly, qui a répondu à nos questions après sa première saison au sein de La Filière Frédéric Sausset.

De retour avec Nigel sur cet incroyable parcours avec un objectif, les 24 Heures du Mans 2020…

Racontes-nous un petit peu comment s’est passé ta première saison en VdeV Endurance Series ?

Trois podium en cinq courses, c’est plutôt bien, malgré que la dernière aurait été la cerise sur le gâteau! Quelques problèmes techniques et mécaniques nous ont rattrapés lors de la dernière manche, nous n’avions rien eu pour ainsi dire pendant le reste de la saison. Tout d’abord nous avons eu un problème de trappe à essence qui a cassé, et que nous avons du remplacer complètement. Puis à la relance du safety car, Snoussi qui était au volant perd la roue arrière gauche. Nous avons ensuite fait une petite erreur en repartant en pneu froid, avec une petite sortie au virage 7. Takuma a ensuite repris le volant, et c’est à ce moment là que les alertes de températures d’huile et d’eau sont apparues. La courroie de la pompe à eau avait lâché. Nous sommes tout de même restés troisième du classement général pendant 20 minutes, et ce à la régulière! Nous avions joué la bonne stratégie de course, nous roulions dans les mêmes chronos qu’Antoine Robert. Franchement un relais dont je suis plutôt fier.

Comment te sentais tu pour ton premier départ ici à Estoril ?

J’avais un peu d’appréhension, ce n’est pas le même ressenti que de prendre la course en « cours de route ». J’aurais du d’avantage me placer à l’intérieur pour le premier virage, mais malgré tout, je suis vite remonté en 12ème ou 13ème position et après on a profité des stratégie avec le safety car pour prolonger mon relais d’environ 25 minutes en faisant un arrêt court. Ça tombait bien car tout le monde s’est arrêté par la suite et moi j’ai continué. Au bout de mon heure et demi au volant, je me sentais super bien, pas fatigué, je me sens plus à l’aise avec la voiture.

On commence tout doucement à mieux comprendre le fonctionnement de la voiture sur les circuits techniques comme ici à Estoril et sur la piste de Navarra. Il me fallait vraiment cette dernière course pour effacer mes appréhensions et regagner en confiance. Ce départ m’a vraiment aidé, je sais maintenant ce que je suis capable de faire.

Comment tes coéquipiers ressentent la voiture ?

Snoussi est un step en avant par rapport à moi et Takuma, il utilise une configuration de la voiture qui n’est pas la même que la notre. C’est un peu plus compliqué pour nous avec les commandes au volant, de gérer l’accélérateur, d’être progressif sur les relances. Snoussi est plus à l’aise avec la technique de la voiture, là où nous avons encore un peu de mal, mais nous progressons. J’ai maintenant compris que je pouvais aller beaucoup plus vite dans les entrées de virages, remettre les gaz beaucoup plus tôt pour relancer la voiture de manière beaucoup plus linéaire et gagner de la vitesse. Petit à petit on commence à prendre et à adopter un bon rythme de course.

Comment aborderas-tu le début de saison prochaine en VdeV ?

Nous partirons plus sereins, nous connaissons maintenant bien la voiture. Mais il y aura encore un circuit qu’il nous faudra découvrir, celui de Barcelone (ndlr. SRT41 a débuté sa saison VdeV 2018 fin mai au Castellet, pour la troisième manche), il parait qu’il est génial. Je suis déjà bien pressé d’attaquer la saison 2019 du VdeV! Les sept courses du championnat son bien à notre programme, de Barcelone en passant par Le Mans, pour terminer de nouveau à Estoril.

Y-a-t-il d’autres programmes de prévus pour toi en 2019 ?

Il y aura deux programmes pour moi en plus du VdeV en 2019. Je serai engagé en SRX Cup (ndlr. nouvelle série en rallycross organisée par SsanYong et Zelos en 2018) pour cinq courses si mon calendrier le permet.  Pour notre première saison, nous terminons en quatrième position du classement. Je compte bien également refaire une saison avec ma SEAT Super Copa en BGDC (ndlr. Belgian Gentlemen Drivers Club) qui est un championnat belge d’endurance qui m’a permis de faire mes débuts la saison passée. Nous serions engagés pour quatre ou cinq courses.

 

Où en êtes-vous dans votre préparation pour les 24 Heures du Mans 2020 avec Frédéric ?

Pour le moment, nous prenons les choses étape par étape et saison par saison. Le programme 2020 sera pour nous un très gros programme, avec l’European Le Mans Series en catégorie LMP3 qui sera l’étape obligatoire pour les 24 Heures du Mans 2020 en catégorie LM GTE ou en LMP2.

Ta préférence pour Le Mans 2020, LMP2 ou GTE ?

Bien entendu, je préférerai rouler au Mans sur une LMP2, car c’est ce qui se rapproche le plus de notre programme actuel avec la LIGIER JSP3. Ce serai certainement plus compliqué de repasser sur une GT après trois saisons passées sur une LMP3. Par contre, ce serai certainement plus confortable pour nous en GTE. Mais si il le faut, nous le ferons!

Raconte nous un peu ton histoire du côté sports mécaniques…

J’ai eu un accident de moto-cross, à l’âge de 14 ans, puis j’ai suivi mes études pour réaliser l’équivalent d’un BAC+6 en France. J’avais toujours envie de me lancer dans le sport automobile, c’est mon plus grand rêve. J’ai commencé en 2017 en BGDC, et j’ai pris connaissance cette même année du projet de Frédéric Sausset, « Un volant pour Tous ». Je me suis donc inscrit au programme, sans trop y croire, et j’ai eu la grande surprise début 2018 d’apprendre que je faisais parti des trois pilotes sélectionnés pour lancer La Filière et nous emmener aux 24 Heures du Mans en 2020 ! Ce fut pour moi un grand moment de joie ! C’est une chouette aventure malgré tout.

Comment vas-tu passer ton inter-saison 2018 – 2019 ?

J’ai tout d’abord ma préparation physique à continuer et à entretenir pour les deux années qui arrivent. Je suis suivi par deux centres pour ça, l’Observatoire du Sport de Charleroi et le Grand Hôpital de Charleroi. Ces deux centres m’aident à parfaire ma condition physique, à évoluer dans mon développement. D’un autre côté, je dois continuer à trouver des partenaires pour avancer dans notre projet 24 Heures du Mans 2020. Il y a beaucoup de choses à mettre en place, à travailler et à développer, donc l’inter-saison va être courte car les tests recommencent à Magny-Cours fin février début mars, nous y serons bien vite! Et le VdeV reprend sitôt après, fin mars à Barcelone. Je vais également essayer de faire du simulateur pour parfaire mon pilotage.

Rendez-vous donc du 22 au 24 mars prochain pour la première course de la saison 2019 des VdeV Endurance Series sur le circuit de Barcelone, aux côtés de La Filière Frédéric Sausset et de ses trois pilotes Nigel, Takuma et Snoussi. Soutenons-les pour 2020 !