À 35 ans, le Finlandais annonce sa retraite post-2026 après plus d'une dizaine d'années passées en WRC.

Le Rallye du Chili 2026 était donc sa dernière apparition en WRC ! Après plus d'une quinzaine d'années à haut niveau dont une grande majorité passées en WRC, Esapekka Lappi a annoncé ce lundi 21 septembre, qu'il prendra sa retraite. Au terme d'une ultime manche en Championnat de Finlande d'ici quelques jours, le Finlandais tirera sa révérence après une dernière et difficile saison de WRC loin de refléter son talent et son palmarès.

Esapekka Lappi : 2026, l'heure de raccrocher le casque !

Quatorze années après avoir foulée les pistes du WRC au volant d'une Ford Fiesta S2000 lors de l'édition 2012 de son rallye à domicile, Esapekka Lappi abaissera le rideau sur sa carrière en rallye. À 35 ans, le Finlandais disputera ce week-end une ultime manche du Championnat Finlandais, histoire de boucler la boucle avant de définitivement laisser le rallye dans le rétroviseur et de déposer le casque au-dessus de la cheminée. C'est donc le week-end dernier au Chili que "EP" aura disputé sa dernière manche de WRC dans l'indifférence générale après un rallye discret et peu flamboyant, comme souvent cette année, la faute à une Hyundai capricieuse et à un programme partagé avec deux autres pilotes qui rend toute vraie adaptation et progression impossible. Une dernière saison discrète, décevante, qui est loin de refléter tout le talent du Finlandais.

Si il n'est ni le plus rapide des Finlandais et ni le plus titré, Lappi se sera pourtant imposé comme une valeur sûre en WRC2 puis en WRC tantôt comme titulaire sur une saison complète que comme "super-sub" pour le compte de Toyota et Hyundai. De sa carrière on retiendra un pilote très rapide, généralement très fiable (mais qui a aussi pu être maladroit et irrégulier, en particulier ces dernières années), et surtout de belles saisons, à commencer par ses titres ERC et WRC2 respectivement obtenus en 2014 et 2016 avant de s'installer durablement en WRC de 2017 à aujourd'hui, et ce malgré un parcours pour le moins tortueux qui l'aura régulièrement vu alterner entre pilote titulaire et pigiste, devant toujours travailler dur pour se refaire une place en WRC, comme en témoigne son retour en force en 2022 après une année 2021 en retrait. Esapekka Lappi aura tout de même livré quelques excellentes saison dans l'élite du rallye mondial comme en 2018 où il conclut l'année à la cinquième place pour sa deuxième saison seulement au sommet de la discipline, mais le Finlandais aura aussi vécu des années plus compliquées, comme la frustrante saison 2019 au volant de cette maudite C3 WRC, la saison 2020 minée par la pandémie de Covid-19 ou encore ses dernières saisons dans l'ère Rally1 avec Toyota et Hyundai, au cours desquelles il aura vécu le meilleur et le pire entre victoires, podium et nombreux abandons soit par sortie de route, soit par problème mécanique.

 

Mais de Esapekka Lappi, on retiendra surtout la personne, à l'opposé de beaucoup de ses compatriotes et plus largement de beaucoup de nordistes, souvent souriant, communicateur, plus drôle qu'il pouvait en avoir l'air, en particulier dans son duo de choc avec son copilote Janne Ferm, mais surtout un pilote émotif et très humain, lui qui n'avait pas pu retenir ses larmes au soir du début du Rallye de Croatie 2023 marqué par le brutal décès de Craig Breen quelques jours avant.

Je vais arrêter pour l’instant. Je ne vais pas abandonner complètement, mais pour le moment, le plan n’est pas de continuer dans le championnat de Finlande, ni ailleurs. Il ne faut jamais dire jamais, car je l’ai déjà dit à maintes reprises. J’en ai des frissons quand je le dis à voix haute. C’est un sport que j’aime énormément et qui m’a beaucoup apporté. Il a aidé ma famille sur le plan financier. Le rallye procure une montée d’adrénaline. On pilote aux limites. On ressent une sorte d’ivresse. Où retrouverai-je cela quand je ne piloterai plus ? Ce qui m’effraie le plus, c’est de savoir où je pourrai éprouver ces mêmes sensations.

La retraite d'Esapekka Lappi est aussi le signe d'une génération qui tire doucement sa révérence pour laisser la place aux plus jeunes, qu'ils soient déjà bien établis comme Adrien Fourmaux, ou encore au début de leur carrière comme Sami Pajari, Oliver Solberg ou encore sa jeune compatriote et copilote Enni Mälkönen qui on l'espère, trouvera de quoi rester en WRC après la retraite imminente de Lappi.

Crédits photo de couverture: Hyundai Motorsport GmbH.