Elfyn Evans a dicté sa loi du début à la fin sur les routes du Rallye du Japon. Au terme d'un week-end maîtrisé de main de maître, le pilote gallois s'offre une troisième victoire historique sur cet asphalte nippon et s'envole en tête du championnat du monde.

Pour parachever ce triomphe, Toyota Gazoo Racing signe un quadruplé magistral à domicile, ne laissant que des miettes à la concurrence avant que la saison ne bascule définitivement sur la terre.

Toyota impérial, Evans prend une option au championnat

Installé aux commandes du rallye dès la deuxième spéciale vendredi matin, Elfyn Evans n'a plus jamais lâché les rênes. Sur les 20 secteurs chronométrés particulièrement exigeants des préfectures d'Aichi et de Gifu, le Gallois a fait preuve d'une science de la course absolue. Variant son rythme au gré des changements d'adhérence et de la hausse des températures, il a su résister à la pression étouffante de ses propres équipiers. Après l'élimination d'Oliver Solberg samedi, Evans a géré son avance sur Sébastien Ogier, coupant la ligne d'arrivée avec 12,8 secondes d'avance sur le Gapençais.

« Quel week-end fantastique », s'est réjoui le vainqueur au point stop. « Un immense merci à l'équipe, la voiture était encore incroyable sur l'asphalte. C'est encore trop tôt pour parler du titre, mais nous devons savourer cette victoire à sa juste valeur. » Pour Ogier, le destin de la course s'est joué dès le premier passage dans le tunnel d'Isegami vendredi, où sa position sur la route lui a coûté de précieuses secondes. « L'écart s'est fait sur une seule spéciale. Pour le reste, même en se battant avec la voiture, nous n'étions vraiment pas loin », constatait le nonuple champion du monde.

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Derrière les deux patrons, le jeune Finlandais Sami Pajari complète ce podium de rêve pour Toyota, signant ainsi son cinquième Top 3 en seulement sept départs cette saison. Il devance le héros local Takamoto Katsuta. Poussé par des milliers de fans en transe, le Japonais a jeté toutes ses forces dans la bataille lors de l'étape dominicale, s'offrant le premier scratch du jour autour du lac Mikawako. Hélas, ses doutes du vendredi l'avaient relégué trop loin pour espérer monter sur la boîte. Ému, Katsuta a tenu à s'excuser auprès de son public : « Mon rêve continue. Je reviendrai l'année prochaine pour vous offrir la victoire. »

Du côté de chez Hyundai Shell Mobis World Rally Team, le bilan est bien plus sombre. Adrien Fourmaux sauve l'honneur de la marque coréenne à la cinquième place, à plus de deux minutes trente du vainqueur. Thierry Neuville arrache une anonyme sixième place au terme d'un week-end marqué par un manque cruel de sensations au volant de son i20 N Rally1. À noter la performance d'Oliver Solberg : reparti le couteau entre les dents après son crash de la veille, le Suédois a survolé le classement du "Super Sunday" et s'est adjugé les 5 points de la Wolf Power Stage pour un petit dixième face à Katsuta.

En WRC2, la victoire revient à Nikolay Gryazin (9e au général) devant Alejandro Cachón. Grâce à cette démonstration de force sur ses terres, Toyota s'envole également au championnat des constructeurs avec 370 points contre 243 pour Hyundai. Le grand cirque du WRC quitte désormais l'asphalte pour une longue série d'épreuves sur terre, à commencer par le légendaire et cassant Rallye de l'Acropole, en Grèce, du 25 au 28 juin prochain.

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