Au terme d'une première boucle du vendredi impitoyable sur les pistes rocailleuses du Rallye de Sardaigne, Adrien Fourmaux s'est emparé des commandes de l'épreuve, menant un doublé provisoire pour l'écurie Hyundai.
Sous la chaleur écrasante et la poussière suspendue de l'île italienne, le pilote nordiste a su déjouer les pièges de la rocaille pour devancer son coéquipier Thierry Neuville, tandis que la concurrence essuyait une véritable hécatombe de crevaisons.
Sardaigne ES4, Fourmaux leader de la matinée
Dès les premiers kilomètres du vendredi, la première boucle du Rallye de Sardaigne s'est transformée en un véritable parcours du combattant. Malgré une poussière stagnante altérant considérablement la visibilité dans l'ES2, Adrien Fourmaux a imposé un rythme d'enfer pour signer le meilleur temps. Le Nordiste a ensuite hérité des commandes de la course lors de la spéciale suivante, profitant des déboires de Sébastien Ogier, victime d'une crevaison à l'avant droit. Avec une lucidité remarquable, le Français a consolidé son leadership dans l'ES4 en décrochant le troisième chrono, préservant avec maestria sa mécanique et ses enveloppes pneumatiques.
Derrière le chef d'orchestre tricolore, Thierry Neuville complète le tableau d'honneur de la firme sud-coréenne. Vainqueur de l'ES3 entre Su Filigosu et Lerno, le Belge demeure dans le sillage immédiat de son coéquipier. De son côté, le jeune Finlandais Sami Pajari accroche la quatrième place à une dizaine de secondes de la tête, devançant pour l'heure son rival pour le titre Elfyn Evans, même si l'intéressé a exprimé quelques réserves quant à son écart face au Gallois.
La sensation de la matinée porte incontestablement la griffe d'Oliver Solberg. Retardé dès le chrono d'ouverture de Tula-Erula par un pneu endommagé, le prodige suédois a réagi avec la hargne d'un champion. Au volant de sa Toyota GR Yaris Rally1, le jeune pilote a survolé les 23,18 kilomètres de l'ES4 entre Monti di Alà, Sa Conchedda et Lerno, enlevant le scratch pour huit dixièmes de seconde devant Sébastien Ogier.
Cette démonstration de force permet à Solberg d'opérer une remontée spectaculaire de la quatrième à la troisième place du classement général, à seulement 8,1 secondes du leader tricolore. Plus crucial encore pour ses ambitions de couronne mondiale, le Suédois relègue Sami Pajari à 2,6 secondes et colle plus de seize secondes dans la vue du leader du championnat Elfyn Evans sur ce seul secteur chronométré. Une performance d'autant plus saisissante que le pilote a confié avoir simplement cherché à dérouler un pilotage propre et fluide sans prendre de risques inconsidérés.
Sur des pistes balayées par des roches coupantes et des ornières profondes, la matinée s'est muée en un impitoyable jeu de roulette russe. Éphémère leader au terme de l'ES2, Sébastien Ogier a vu ses espoirs de victoire s'envoler brutalement dans le secteur suivant après un arrêt forcé pour remplacer un pneu déchiqueté, concédant plus de 25 secondes. Le Gapençais s'est toutefois empressé d'amorcer sa remontée en signant le deuxième temps de l'ES4, pointant au cinquième rang général.
Pour Elfyn Evans, la punition s'est révélée tout aussi sévère. Contraint d'ouvrir la route et de balayer une épaisse couche de gravier baladeur, le Gallois a bu le calice jusqu'à la lie, ralliant le parc d'assistance en sixième position avec un débours de près de 25 secondes sur la tête de course. La liste des victimes de la pierre sardienne s'est encore allongée au fil des kilomètres : Takamoto Katsuta, Jon Armstrong et Mārtiņš Sesks ont tous dû poser le pied à terre pour changer une roue dans l'ES4, emboîtant le pas au vétéran Dani Sordo, déjà retardé de quatre minutes dans l'ES3. Dans ce paysage dévasté, Josh McErlean émerge à une solide septième place, tandis que Teemu Suninen domine les débats en WRC2 depuis la huitième position absolue.
