Depuis quelques mois, des rumeurs évoquent un retour de Christian Horner au sein du paddock en prenant une participation dans l'écurie Alpine. Mais, Toto Wolff tenterait de bloquer un retour de ce dernier.

L'ancien directeur de Red Bull lorgne sur un retour en F1 depuis son licenciement l'été dernier mais Toto Wolff a peut-être décidé de lui couper l'herbe sous le pied.

Wolff ferait barrage à Horner chez Alpine ?

Le feuilleton de l'hiver prend un tournant inattendu. Mercedes est apparu comme un candidat surprise au rachat de la part d'Alpine que Christian Horner convoite, c'est ce que Telegraph Sport est en mesure de révéler en exclusivité.

Dans un développement aussi fascinant que savoureux sur l'échiquier politique de la F1, Toto Wolff, le directeur de l'écurie Mercedes, mènerait une offre de rachat des 24 % détenus par Otro Capital dans l'équipe d'Enstone, soit exactement la même participation que Horner souhaitait acquérir. En janvier dernier, Flavio Briatore, conseiller exécutif d'Alpine, avait confirmé l'intérêt de Horner pour les parts d'Otro (dans le cadre d'un consortium) précisant qu'il y avait « quelques groupes » intéressés par la mise en vente du fonds américain de capital-investissement. Ce que l'Italien s'était bien gardé de révéler, c'est que Mercedes F1 figurait parmi ces prétendants.

L'intérêt de Wolff est d'autant plus intrigant que ses ramifications potentielles sont considérables. Mercedes-Benz dispose déjà d'un accord pour fournir à Alpine ses groupes motopropulseurs et boîtes de vitesses jusqu'à au moins fin 2030. Prendre une participation aussi significative dans une autre équipe ouvrirait inévitablement la voie à des synergies plus profondes et à des discussions sur la copropriété multi-équipes. Certes, Mercedes ne détiendrait pas une participation majoritaire dans Alpine (Renault Group conservant 76 % du capital) mais un tel rapprochement renforcerait considérablement le partenariat entre les deux structures, et ne manquerait pas de provoquer des remous chez les rivaux.

Le débat des écuries B est relancé

La propriété de deux écuries par Red Bull a longtemps alimenté les débats dans le paddock. Zak Brown, le patron de McLaren, s'est montré particulièrement virulent sur le sujet, arguant que de tels montages créent des conflits d'intérêts, compromettent l'équité sportive et offrent des avantages injustes en matière de partage d'informations techniques. Brown a appelé la FIA à légiférer pour interdire ces partenariats et garantir une égalité des chances.

Mais l'enjeu le plus croustillant, du moins pour les fans de F1 férus du duel Wolff-Horner immortalisé sur Netflix, est ailleurs : tout accord entre Mercedes et Otro signerait la fin des ambitions de Horner chez Alpine. Wolff éviterait logiquement de travailler avec son rival de toujours si Mercedes venait à prendre une part dans l'équipe française. Et même si l'opération ne se concrétisait pas, on imagine sans peine l'Autrichien user des moteurs Mercedes comme levier pour torpiller toute tentative de Horner de séduire le groupe Renault.

Le montant de l'offre Mercedes reste pour l'heure inconnu, mais Telegraph Sport a appris qu'Otro Capital (dont le portefeuille de célébrités investisseurs comprend notamment Anthony Joshua, Rory McIlroy et Trent Alexander-Arnold) valorise l'équipe entre 1,5 et 1,86 milliard de livres sterling (2,150 milliards d'euros), ce qui porterait la valeur de leurs 24 % à environ 448 millions de livres (517 millions d'euros).

Tout accord devra recevoir l'aval du groupe Renault, propriétaire à 76 % d'Alpine F1, ainsi que celui de Mercedes-Benz. Interrogé sur l'offre Mercedes, Otro Capital a décliné tout commentaire. Un porte-parole de Mercedes F1 s'est contenté de déclarer : « Mercedes est un partenaire stratégique clé d'Alpine et nous sommes tenus informés des derniers développements. »

Alpine, de son côté, a indiqué que l'équipe était « régulièrement approchée et contactée par de multiples parties et investisseurs potentiels » au sujet des parts d'Otro, ajoutant : « Nous ne commentons aucun nom ou individu spécifique. Les discussions ne concernent pas l'équipe, elles se tiennent entre les parties prenantes et les parties exprimant un intérêt. Notre priorité absolue est la tâche immédiate qui nous incombe : le début de la saison de course et une reprise durable des performances en piste. »

Retour caduque pour Christian Horner ?

Licencié par Red Bull l'été dernier après vingt ans de loyaux services, Horner est connu pour lorgner un retour dans le paddock. Le quinquagénaire avait admis le mois dernier avoir le sentiment d'avoir « des affaires inachevées » en F1, précisant qu'il ne reviendrait que dans une équipe « en tant que partenaire, et non comme un simple employé ».

Son nom a également été associé à Aston Martin, Ferrari et Haas. De ces pistes, Aston Martin semble la plus plausible, au vu du début de saison catastrophique de l'équipe, beaucoup s'interrogeant sur l'éventualité que le propriétaire Lawrence Stroll juge nécessaire de nommer un directeur général pour permettre à Adrian Newey de se concentrer sur la performance pure. Reste à savoir si Newey accepterait de retravailler avec Horner, lui qui avait claqué la porte de Red Bull en 2024, en pleine tourmente liée au scandale de sextos de son ancien partenaire. Horner avait finalement été blanchi à deux reprises de tout comportement inapproprié envers une employée. Aux termes de son accord de départ avec Red Bull, il est libre de revenir dans le paddock à compter du début du mois de mai.