Le leader du championnat Elfyn Evans a vu son Safari Rally Kenya s'achever brutalement samedi matin, tandis que Solberg conserve la tête malgré une matinée cauchemardesque.

Le Safari Rally Kenya a frappé encore. Samedi matin, le spéciale de Naivasha a rendu son verdict sans pitié : Elfyn Evans, leader du championnat, est rentré au parc, son rallye terminé, sa Toyota traînant une suspension arrière droite détruite dans la boue épaisse de la Sleeping Warrior.

Kenya : leader au championnat, Evans perd gros !

Oliver Solberg, lui, a survécu (de justesse) pour conserver la tête avec 42,6 secondes d'avance sur Sébastien Ogier à la pause de midi. La matinée s'est articulée autour de trois spéciales d'une brutalité kényane sans compromis : Soysambu, Elmenteita, et la redoutable Sleeping Warrior de 31 kilomètres, celle qui fait et défait les rallyes.

Le drame principal s'est noué sur ce test légendaire. Evans, qui pointait en deuxième position au général, a vu son week-end s'effondrer en quelques secondes : suspension arrière droite arrachée, la Yaris traînée péniblement dans la gadoue avant l'abandon inéluctable. La Sleeping Warrior avait tué le rallye du Gallois et avec lui, les ambitions du leader du championnat.

Solberg, lui, traversait une matinée digne d'un roman d'aventures. Demi-tête-à-queue dans les buissons sur ES11, double crevaison à droite sur ES12, plus de vingt secondes perdues dans l'opération puis la Sleeping Warrior sans liquide lave-glace, aveuglé par la boue sur les derniers kilomètres. « Pas terrible. Ogier a pris une minute, mais que puis-je faire ? » lâchait-il au contrôle de passage, fataliste. « Je n'ai plus de pneus de rechange et je ne vois rien. J'ai juste essayé d'être intelligent. »

Ogier avait lui aussi commencé la boucle dans la tourmente. Le nonuple champion du monde perdait deux minutes sur ES11 pour changer un pneu crevé à l'arrière gauche, chutant momentanément hors du podium. Mais le Français est de ceux qui ne capitulent jamais. Il répondait immédiatement en signant le meilleur temps sur ES12, avant de porter l'estocade sur la Sleeping Warrior : 1 minute et 3,7 secondes plus rapide que Solberg sur cette seule spéciale. De quoi remonter en deuxième position au général et relancer une bataille que l'on croyait pliée.

Dans le sillage des deux leaders, le terrain continuait d'exercer sa loi brutale. Takamoto Katsuta subissait une double crevaison sur ES12 avant de remonter à la troisième place, son coéquipier Sami Pajari ayant subi le délaminage d'un pneu arrière sur la même spéciale, plus de cinq minutes perdues, et le Finlandais relégué à la septième place avec six minutes de retard sur la tête.

Malgré leurs Hyundai i20 N Rally1 crachant de la vapeur à l'arrivée de ES13, Thierry Neuville et Adrien Fourmaux avaient tous deux dépassé Pajari pour compléter un top 5 que personne n'aurait pu prédire ce matin. Esapekka Lappi, à court de lave-glace dans les derniers kilomètres, progressait néanmoins jusqu'à la sixième place en rampant jusqu'à la ligne. Les classements officiels restent provisoires après l'interruption de ES13. Demain, la Sleeping Warrior aura peut-être encore des choses à dire.