Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, vient de confirmer que le moteur V8, attendu par de nombreux fans de la Formule 1, reprendra son trône dès le début de la prochaine décennie.
L'idée flottait dans l'air des paddocks comme une rumeur persistante, un doux rêve de nostalgiques que les impératifs technologiques semblaient avoir enterré. Pourtant, le vent a tourné. Après des années de domination des unités de puissance hybrides, souvent décriées pour leur complexité et leur mutisme acoustique, la Formule 1 s'apprête à renouer avec son ADN. Ce retour au V8 n'est pas seulement une concession faite aux fans, mais une décision stratégique majeure portée par une FIA bien décidée à reprendre les rênes de son destin réglementaire. Pourtant, les constructeurs avaient refusé cette idée pour une introduction avant 2030, au-delà de cette date, la FIA passera en force !
Le crépuscule d'une ère hybride contestée
Le système actuel, basé sur une répartition équitable entre l’énergie thermique et électrique, s'est attiré les foudres de nombreux observateurs. Trop lourdes en raison de batteries massives, trop onéreuses et dépourvues de cette signature vocale qui faisait vibrer les tribunes, ces motorisations ont fini par lasser. Bien que le MGU-H ait été supprimé, le coût et la complexité restent des freins majeurs, tant pour les motoristes que pour les clients.
Aujourd'hui, l'industrie automobile mondiale redéfinit ses priorités, l'électrification à marche forcée des véhicules de série n'est plus l'unique boussole des constructeurs, qui voient désormais dans les carburants durables une voie de diversification royale. Cette mutation offre à la Formule 1 une porte de sortie inespérée vers le V8, une architecture qui a fait les beaux jours de la discipline entre 2006 et 2013.
Mohammed Ben Sulayem s'est montré on ne peut plus explicite sur cette transition : « C'est en route », a déclaré Ben Sulayem, s'adressant à une sélection de médias, en évoquant un retour aux V8 ou V10. « Oh oui, c'est en route. En fin de compte, c'est une question de temps ».
La mission : simplicité et légèreté
Si le V10 semble définitivement écarté car jugé trop éloigné des réalités de la production automobile actuelle, le V8 s'impose comme le candidat idéal. Moins complexe, plus léger et surtout plus évocateur, il permettra de réduire drastiquement le poids des monoplaces, une bête noire pour les ingénieurs depuis l'introduction de l'hybride. L'idée est de passer d'un système complexe à une mécanique plus "pure", soutenue par une hybridation minimale.
Le président de la FIA a tenu à préciser les intentions de cette réforme : « Ne parlons pas du côté technique. Parlons de la mission qui se cache derrière. La mission sera d'avoir moins de complications, pas comme maintenant. Quand le MGU-H était là auparavant, il servait à quelque chose, mais aucun des constructeurs n'en a bénéficié dans le monde réel. ».
Pour Ben Sulayem, le V8 est le choix de la raison et du spectacle : « Le plus populaire et le plus facile à utiliser est le V8. Vous avez le son, moins de complexité, la légèreté. Vous en entendrez parler très bientôt, et ce sera avec une très, très légère électrification, mais l'élément principal sera le moteur. Ce ne sera pas comme maintenant, avec une répartition 46-54. Il y aura une puissance électrique très minimale. ».
2030 : Le rendez-vous de la reconquête
La FIA ne compte pas demander la permission pour imposer ce changement. Si les motoristes actuels traînent parfois des pieds par peur de voir leurs investissements récents s'évaporer, Ben Sulayem rappelle que le pouvoir législatif reviendra de plein droit à la Fédération en 2031. Son objectif est toutefois d'avancer l'échéance d'un an pour répondre à l'attente pressante du public et de certains acteurs du milieu.
En 2031, la FIA aura le pouvoir de le faire, sans aucun vote des PUM (les fabricants d'unités de puissance). C'est le règlement. Mais nous voulons l'introduire un an plus tôt, ce que tout le monde demande maintenant. Quand vous essayez de leur dire (aux motoristes), ils disent non, mais ce qui doit arriver arrivera, et le pouvoir reviendra à la FIA.
Malgré quelques réticences de façade, le président de la FIA assure que les retours sont globalement positifs : « Je vise 2030. Un an avant l'échéance des règlements. Cela arrivera. Mais admettons que les constructeurs ne votent pas pour, alors il faudra un an de plus pour que ce soit fait. Ce n’est pas une question de “Ai‑je besoin de leur soutien ?” Non, ce sera fait. Le V8 arrive. ».