Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, affirme que les deux dernières manches de la saison 2026 de Formule 1 auront lieu comme prévu au Qatar et à Abu Dhabi. Cette position intervient dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, alors que la discipline semble désormais privilégier le maintien des courses plutôt qu’un éventuel déplacement.
Malgré les inquiétudes liées à la sécurité régionale, la FIA assure que les Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi restent au calendrier. Dans le même temps, plusieurs autres disciplines ont sagement décidé d'éviter de se rendre en Arabie saoudite, le WRC y a annulé sa manche finale, le FIA WEC n'a pas fait le déplacement au Qatar ni à Bahreïn (manches remplacées par l'Espagne et l'Italie), l'Asian Le Mans Series se déroulera en Europe, le Dakar 2027 est en passe d'être organisé entre l'Espagne, le Portugal et le Maroc. Ne reste que la Formule E qui devrait y débuter sa nouvelle saison en décembre (mais on peut en douter), quant à la F1 et le MotoGP, c'est stand-by concernant l'annonce pour le Qatar (et Abu Dhabi pour la F1).
La F1 au Qatar et Abu Dhabi, Ben Sulayem fait le SAV
Mohammed Ben Sulayem se montre catégorique : les Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi doivent se dérouler comme prévu pour conclure la saison 2026 de Formule 1. Ses déclarations, faites mardi aux médias confirment l’évolution de la position de la discipline sur les deux dernières manches du championnat.
La situation au Moyen-Orient demeure pourtant instable. Même si le conflit entre Israël, les États-Unis et l’Iran occupe moins les gros titres ces derniers temps, les tensions restent vives. La semaine dernière, deux porte-conteneurs ont été coulés près du détroit d’Ormuz après avoir été touchés par des missiles, dans un contexte d’intensification des attaques contre le transport maritime iranien.
Dans le paddock, une première échéance avait été évoquée à la mi-septembre pour décider du maintien des deux Grands Prix ou du recours à Imola, envisagé comme circuit de remplacement. Cette décision avait ensuite été repoussée à la mi-octobre. Nos informateurs nous confirment également que la majorité des hôtels autour du circuit d'Imola sont complets pour le week-end du 6 décembre (des nuitées réservées par les membres des équipes et le personnel de la F1, évidemment).
Ces dernières semaines, le scénario d’un maintien des épreuves au Qatar et à Abu Dhabi a progressivement pris de l’ampleur. Plutôt que d’attendre une annonce définitive à une date précise, le personnel de la F1 aurait ainsi été invité à considérer que les courses auraient lieu comme prévu, sauf indication contraire.
Interrogé sur la sécurité des événements organisés dans la région, notamment le prochain Dakar, prévu en Arabie saoudite en janvier, le président de la FIA a insisté sur la nécessité de ne pas exposer inutilement les acteurs du sport automobile. « Nous faisons preuve de bon sens : nous n’enverrons jamais notre personnel, nos pilotes ou nos officiels dans un endroit où nous estimons qu’il existe un risque. Hors de question », a-t-il déclaré. Questionné ensuite sur la possibilité d’organiser actuellement des Grands Prix au Qatar et à Abu Dhabi, et sur le fait de savoir si ces destinations étaient suffisamment sûres, Mohammed Ben Sulayem a répondu sans détour : « Oui, tout va bien. »
« Mes enfants sont là-bas, aux Émirats arabes unis. Vous pensez que je les laisserais là-bas et que je serais ici avec vous si c’était dangereux ? Est-ce que cela signifie qu’il ne se passera rien ? Je ne peux pas prédire l’avenir. Je peux simplement vous dire qu’à ce jour, il n’y a pas de problème et que les deux courses auront lieu. »
La région sous surveillance, des tensions dépassant le cadre du sport automobile
Mais, ce mercredi, les États-Unis ont ordonné aux employés non essentiels de leur ambassade en Arabie saoudite et à leurs familles de quitter le royaume, confronté à des attaques répétées des rebelles houthis du Yémen. Cette décision intervient alors que le conflit au Moyen-Orient s’étend et que les tensions autour du détroit d’Ormuz restent vives.
Une source diplomatique avait auparavant indiqué à l’AFP que « tous les employés américains et leurs familles ont reçu l’ordre de quitter l’ambassade des États-Unis » dans le royaume. Elle avait également évoqué des consignes de départ visant les familles du personnel diplomatique aux Émirats arabes unis, en Jordanie, au Qatar et à Bahreïn, des pays également ciblés par l’Iran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Le conflit régional s’accompagne par ailleurs de violences en Cisjordanie, où des colons israéliens ont attaqué des Palestiniens et des ressortissants étrangers, selon les informations rapportées.
Le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott, a ensuite précisé sur le réseau social X que la mesure concernait uniquement « les employés non essentiels du gouvernement américain et les membres de leur famille en Arabie saoudite ».
Washington justifie cette décision par les attaques menées par les rebelles houthis contre le royaume, notamment contre des aéroports. Soutenus par l’Iran, les Houthis ont multiplié les frappes contre l’Arabie saoudite ces dernières semaines, avec des attaques presque quotidiennes ce mois-ci. Une frappe visant l’aéroport international de Riyad aurait constitué l’attaque la plus meurtrière subie par le royaume depuis plusieurs années, alors que le conflit avec le mouvement yéménite s’intensifie. « La sûreté et la sécurité des employés du département et de leurs familles restent notre priorité absolue », a déclaré Tommy Pigott.
Mercredi soir, les médias d’État iraniens ont rapporté plusieurs explosions dans la province méridionale d’Hormozgan, qui surplombe le détroit d’Ormuz. Cet épisode a interrompu une période de calme relatif. « Il y a quelques minutes, plusieurs explosions ont été entendues dans la région de Karpan, à Sirik, dans la province d’Hormozgan », a rapporté l’agence de presse officielle IRNA. Elle a ajouté que « les sources locales n’ont pas encore précisé la nature de ces explosions ».
Quant à la FIA et la FOM, ils jouent la montre face aux organisateurs des Grands Prix du Qatar et d'Abu Dhabi, c'est à celui qui lâchera en premier qui dédommagera le second. Pour rappel, la deuxième édition du Grand Prix d'Arabie saoudite en 2022, était aux premières loges (14 km) d'une attaque terroriste d'une raffinerie d'Aramco, quand des missiles étaient interceptés dans le ciel de Riyadh en 2021 lors d'une manche de Formule E.