Toujours actif en compétition à 50 ans passés, Giancarlo Fisichella est fier de porter le cheval cabré sur sa combinaison depuis plus d'une décennie en Endurance. Pourtant, cette collaboration fut loin d'être glorieuse à ses débuts, durant sa fin de carrière en Formule 1.

Au soir du Grand Prix de Belgique 2009, Giancarlo Fisichella était au centre de toutes les attentions. Non seulement il avait signé la performance du weekend avec sa deuxième place (et sa pole position) sur Force India, mais tous les médias bien informés parlaient de son futur transfert chez Ferrari dès la prochaine course, à Monza.

En effet le pilote d'essais Luca Badoer signa deux performances désastreuses à Valence et à Spa, victime de son manque de roulage et d'expérience en course. Pour pallier à l'absence de Felipe Massa, l'embauche d'un pilote italien encore vert et rêvant depuis tout petit de rouler pour la Scuderia était parfaitement cohérente. Ce dont Fisichella fut informé le jour même de sa performance miracle.

La concrétisation d'un rêve

@ Scuderia Ferrari
© Scuderia Ferrari

«Juste après la course, mon manager m'a dit « Giancarlo il y a une possibilité de rouler pour Ferrari pour les cinq prochaines courses. Bien sûr il faut trouver un compromis entre Force India et Ferrari mais c'est possible »

Deux jours après, le mardi, il me rappelle et me dit que le lendemain, Stefano Domenicali [directeur général de Ferrari à ce moment] nous attendra à Maranello. J'y suis allé, j'ai parlé avec Stefano, puis nous avons parlé avec Vijay [Mallya, propriétaire de Force India] qui m'a libéré pour aller chez Ferrari ».

Un choix de cœur plus que de raison, car Force India semblait enfin avoir trouvé la formule magique. De plus un transfert en cours d'année sans test au préalable représentait un risque majeur, ce que Romain Grosjean put constater lors de ses débuts chez Renault. Et Fisichella ne l'ignorait pas.

« Je savais que c'était une décision difficile à prendre car Force India était vraiment compétitif à ce moment, et la Ferrari était une voiture différente sans possibilité de la tester en cours de saison. Avec le KERS et toutes ces nouveautés, je savais qu'il était préférable de ne pas partir, mais c'était mon rêve depuis tout petit, c'était la fin de ma carrière, donc j'ai dit immédiatement oui ».

Une fin de carrière en queue de poisson

@ Scuderia Ferrari
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Sans vrai test donc – seulement des essais de ligne droite à Vairano limités à 100 km/h ! – Fisichella souffrit. Il se crasha dès les essais à Monza et ne marqua pas le moindre point durant cet intérim de cinq courses. Comme pour la Renault de 2007, son style de pilotage s’accommoda mal à ce type de monoplace, surtout à cause du KERS.

« C'était complètement différent. Avec le KERS, il fallait rétrograder très tard durant le freinage, ce qui allait à l'encontre de mon style de pilotage, où je rétrogradais dès que je commençais à freiner. A chaque virage, mon ingénieur me contactait pour me dire quoi faire avec le KERS, l'ajustement de l'aileron avant, le changement de différentiel... De plus la voiture n'était pas assez rapide, c'était même difficile de marquer des points pour Kimi.

Si Räikkönen marqua quatorze points durant ces cinq courses, il échoua aussi à finir dans le Top 8 à Singapour et Abu Dhabi, ce qui illustrait le caractère rétif de la F60. En revanche, Fisichella estime ne pas avoir souffert de la fameuse pression entourant un pilote Ferrari transalpin.

« Pour ma première course avec Ferrari à Monza, j'ai réalisé à quel point Ferrari et les pilotes italiens étaient importants en F1. Tous les médias et tous les fans étaient autour de moi, c'était formidable. J'ai ressenti un peu de pression bien entendu, mais aussi de la puissance. Mais ça ne m'a pas aidé hélas, j'avais trop de difficultés ».

Aucun regret pour Fisichella

@ Scuderia Ferrari
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Cette fin de saison en queue de poisson précipita probablement sa fin de carrière en Formule 1. Pense t-il que s'il était resté chez Force India, il se serait suffisamment démarqué pour prolonger l'expérience au plus haut niveau ?

"Si j'étais resté chez Force India, j'aurais probablement pu monter sur quelques podiums, surtout à Monza, et je serai peut-être resté une saison de plus. Mais je ne reviens jamais en arrière, je suis content de ce que j'ai fait [...] Comme je le disais, c'était mon rêve depuis tout jeune. Et je suis toujours pilote Ferrari à ce jour donc je suis content de mon choix".