Pirelli, 110 ans dans la course et prêts à réinventer la roue ? Si chacune de ces années ont été vécues à la limite, elles auront confirmé une conviction : le sport automobile est non seulement un challenge pour la performance, mais aussi et surtout un moyen de développer les produits qui peuvent changer le cours de l’histoire de nos routes.

Fondé en 1872, les premiers tours de circuits de Pirelli débutèrent en 1903 avec quelques succès irréguliers avant la Première Guerre Mondiale. C’est à partir des années 1920 que l’âge d’or éclos avec notamment les premiers Grand Prix à Monza en 1922.

Gagne avec moi si tu pneus

Sur ce tracé nouvellement inauguré de Monza, Pietro Bordino s’impose devant Felice Nazzaro, tous deux avec des Fiat 804s identiques, chaussées des mêmes pneus : les Pirelli Superflex Cord. En 1924 la collaboration entre Pirelli et Alfa Romeo commence et c’est le début d’une dominance absolue. L’Alfa Romeo P2 était redoutable aux mains de célèbres champions comme Giuseppe Campari ou encore Antonio Ascari.
En 1925, la course de Monza a été présentée comme le premier Grand Prix du Championnat du Monde. Elle fut à nouveau remportée par une Alfa Romeo avec à son volant Gastone Brilli-Peri qui utilisait également les Pirelli Superflex Cord. Rapidement ils furent dénommés « les Pneus de la Victoire ».

Gagner en maturité

Dans les années 1930 la célèbre course des Mille Miglia ont fait la Légende de Tazio Nuvolari. Ce pilote n’hésita pas à délibérément éteindre ses phares dans la nuit pour se fondre plus discrètement sur son coéquipier Achille Varzi, et de le doubler pour la gagne.
Nuvolari ira s’imposer à Monza également avec les nouveau Pirelli Stella Bianca. Dans le même laps de temps Pirelli connait aussi un succès en moto. Le Monocord de Pirelli permettait de dominer la seconde moitié des années 30 avec comme pilote Piero Taruffi : un autre champion capable de gagner sur 2 comme 4 roues !

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La consécration de la Formule 1

Avec le début du Championnat du Monde de Formule 1 dès 1950, Pirelli allait s’en adjugé les 4 premiers titres consécutifs. C’est avec Giuseppe Farina au volant d’une Alfa Romeo et des gommes Stella Bianca renommées pour l’occasion Stelvio. En 1951 c’est la Légende argentine Juan-Manuel Fangio qui glana le titre avec l’Alfa Romeo et les gommes Cinturato comme les titres de Alberto Ascari avec Ferrari en 1952 et 1953.
Pirelli voit l’intérêt croissant de ses victoires en course et veut développer d’autres pneus pour les voitures de route. Ainsi en 1954 Pirelli gagne Les 24 Heures du Mans avec une Ferrari 375MM pilotée par Froilan Gonzalez et Maurice Trintignant. Trois ans plus tard, les Pirelli équipent les Maserati 450S triomphantes aux mains de Juan-Manuel Fangio et Jean Behra aux 12 Heures de Sebring. A la fin de la même année en 1957, Fangio ira chercher son cinquième titre de Champion du Monde de F1 à bord de la Maserati chaussée de pneus Pirelli. Ces derniers quitteront la Formule 1.

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Les nouveaux territoires

Les années 1970 sont l’occasion pour Pirelli d’explorer de nouveaux horizons sportives comme ultime expérience d’amélioration des pneus de routes. De nouvelles marques comme le P7 ou le P Zéro voient le jour.
De nombreuses victoires inoubliables consolideront la renommée de Pirelli comme les victoires de légende avec Sandro Munaro et la Lancia Stratos aux Rallyes Monte-Carlo dans les années 70. Ou encore Markku Alen avec la Lancia 07 en 1983 et 1984 sur l’asphalte rapide du Tour de Corse. Cette success-story se verra à nouveau en 2008 avec le Nonuple Champion du Monde des Rallyes, Sebastien Loeb.

Dans les années 80 c’est le monde du 2 roues qui intéressent à nouveau Pirelli avec le motocross, l’enduro ou le cross-country en faisant le bonheur de nombreuses écuries et pilotes.

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Des années 2000 au futur

Depuis 2004, Pirelli a signé un contrat de fourniture pneus avec le Championnat du Monde de Superbike et ce jusqu’à la fin de l’année 2018. Le manufacturier italien est revenu en Formule 1 dans les années 80, mais dans la douleur. Les succès se comptent sur les doigts de la main, il y eut celle de Nelson Piquet au Grand de France en 1985 et celui de Gerhard Berger au Mexique en 1986. Le Pirelli P7 fut aussi celui utilisé par Toleman en 1984 pour les débuts en F1 de Ayrton Senna. Pirelli équipait alors les écuries Lotus, Brabham, Arrows, Osella, Fittipaldi et Minardi. Une nouvelle victoire viendra de la gamme P Zéro avec Nelson Piquet au Canada en 1991.
En 2010 le retour de Pirelli a été annoncé en Formule 1 puisque la discipline a décidé d’un manufacturier d’un pneu unique. La firme battant désormais pavillon sino-italien elle équipe donc la totalité du plateau F1, les gammes sont à nouveau les P Zéro pour les pneus slicks et les Cinturato pour les rainurés pour condition de pluie.
Cette saison 2017 fait face à un nouveau défi puisque la réglementation a été modifiée, les enveloppes sont en moyenne 25% plus larges pour s’adapter aux nouvelles monoplaces introduites cette saison. C’est encore un défi majeur de performances qui tourne Pirelli vers l’avenir.