A Austin, Pedro Acosta a été une victime de la règle sur la pression des pneus lors de la Sprint. Sur le podium, il a perdu sa troisième place quelque temps après, cédant sa médaille à Enea Bastianini. Pit Beirer demande à modifier la règle, voire à l'abolir.

Instaurée en 2023, la règle sur la pression des pneus continue de faire polémique. Il est précisé dans le règlement que les pilotes doivent respecter les pressions minimales pendant au moins 60% des tours d'une course de plus de 15 boucles. En Sprint, le minimum requis est de 30%. En cas d'infraction, un pilote reçoit une pénalité de 8 secondes le samedi et de 16 secondes le dimanche.

Le déroulé fait également polémique. A Austin, Pedro Acosta a été avisé à la fin de la course qu'il était sous enquête pour une possible infraction liée à la pression des pneus. Le pilote KTM est monté sur le podium, avec le visage fermé. Ce n'est que plus tard dans la journée qu'il a été pénalisé. Il a perdu sa troisième place et a dû donner sa médaille à Enea Bastianini. Ce n'est pas le seul à avoir connu cette situation. On peut se rappeler de la scène entre Fabio Quartararo et Pedro Acosta en Espagne en 2024.

Une règle "absurde"

La décision concernant la pression des pneus choisie pour une course est prise entre le pilote et son chef mécanicien. Mais au-delà de cette prise de risque, Pit Beirer admet que la règle sur la pression des pneus est absurde.

"En dehors de ça, cette règle est tout simplement absurde. J'ai fortement plaidé pour que la pression des pneus soit vérifiée sur la grille de départ, par exemple – et si l'un d'entre nous veut partir avec 1,8, 1,9 ou 2,0 bars, ça m'est égal. Mais c'est la même chose pour tout le monde. Cette règle est absurde car elle n'a rien à voir avec la tricherie. Si vous prévoyez une marge de sécurité telle que vous êtes sûr de ne pas être en dessous de la limite, et que vous roulez ensuite dans l'aspiration d'un autre pilote, la pression des pneus va exploser et la moto deviendra incontrôlable. Mais si vous roulez seul en tête, la pression chute brutalement. Or, nous ne sommes pas dans la même situation que Marc Márquez l'an dernier, qui part du principe qu'il sera seul en tête et adapte sa moto en conséquence. Parfois, nous nous battons au milieu du peloton, puis soudain, on se retrouve seul sur plusieurs kilomètres, et là, la pression des pneus baisse", explique-t-il.

Bien qu'elle soit absurde, Pit Beirer souhaite que cette règle soit abolie, admettant que dans l'exemple d'Austin, la différence de pression des pneus n'apporte aucun avantage aux pilotes.

"Cette règle doit absolument être modifiée, voire abolie. Qu'un détail comme celui-ci puisse décider du sort d'une course est tout simplement scandaleux. Une différence de 0,03 bar de pression des pneus n'apporte ni avantage ni désavantage", ajoute-t-il.