Dans un peu plus d'une semaine, le WEC entamera sa 15e saison par le Prologue à Imola. L'attente a été longue avant de retrouver l'un des championnats les plus compétitifs du moment...dont le plateau Hypercar mouvant laisse quelques regrets d'avoir perdu du monde en cours de route.

Le coup d'envoi de la saison 2026 approche à grands pas et tout le monde a fourbi ses armes, tant en Hypercar qu'en LMGT3. On comptera donc huit constructeurs différents en Hypercar, autant en LMGT3, portant le total à quatorze avec ceux avec ceux officiant dans les deux classes. Leur engagement fait plaisir à voir il est dommage que certains programmes soient débranchés.

Les gros efforts fournis pour le WEC

WEC - BMW

BMW a beaucoup travaillé sur sa M Hybrid V8 pour tenter de tenir tête aux Ferrari à la régulière. (©DPPI/FIA WEC)

Ce qui rend cette saison excitante à première vue, c'est de savoir que toutes les marques, en particulier en Hypercar, prennent le sujet du WEC très au sérieux et se donnent les moyens de leurs ambitions.

On pense notamment à Toyota, qui va mettre en route sa TR010, afin de venger les GR010 trop souvent et injustement malmenées par la balance de performance. On peut citer BMW et Cadillac, qui apportent de grosses évolutions sur leurs autos, dans le but de pouvoir défier les références que sont les Ferrari. Et c'est évidemment une nouvelle réjouissante, car la présence de grands constructeurs en nombre est garantie pendant plusieurs années. L'arrivée de Genesis cette année, celle de Ford et McLaren (et Honda ?) l'année prochaine met forcément l'eau à la bouche, surtout que le premier nommé a réalisé une énorme batterie de tests ces derniers mois.

La progression des uns et des autres pourrait alors faciliter l'établissement de la BoP et ainsi éviter les polémiques de l'an dernier (le cavalier seul de Ferrari en début de saison, celui de Cadillac à Interlagos etc.). Ce ne serait pas de refus de rêver à une vraie confrontation entre Ferrari et Toyota, les deux constructeurs les plus victorieux dans la classe Hypercar.

Cette saison 2026 doit ainsi faire oublier les bévues de l'année dernière, en prenant soin des meilleures voitures tout en aidant les outsiders. Ce qui s'est vu en 2024, avec un franc succès. Et il est très dommage que des programmes disparaissent dans ce contexte prometteur.

Des départs du WEC regrettables

WEC - Porsche

Que Porsche et Alpine quittent le WEC est d'autant plus dommage que la concurrence ne cesse de se renforcer. (©DPPI/FIA WEC)

Les marques affluent, les audiences montent, la grille Hypercar et GT est fabuleuse de diversité...mais le sentiment reste quand même mitigé. L'absence de Porsche en Hypercar fait très mal et ampute le plateau d'une force vive pour la victoire. Le choix de remettre des billes en Formule E a des airs de grand gâchis, quand on connaît l'importance du Mans pour la marque allemande.

On peut certes se consoler avec la qualité de plateau actuel, mais un challenger comme Porsche n'aurait, aux yeux des passionnés, pas dû claquer la porte aussi brutalement. Quelle saveur aurait eu un match retour face à Ferrari aux 24 Heures du Mans ? Quelles auraient été les évolutions des 963 pour aller se battre au plus haut niveau ? On aurait aimé le savoir. Proton a été injustement renié pour faire rouler ces voitures...Peut-être que Penske aura les arguments nécessaires pour revenir à court terme.

Dans ce plateau homérique, la présence des Alpine fait paradoxalement mal au cœur. On sait que ces voitures bleues, représentant une sorte d'équipe de France en WEC, partiront de l'Hypercar à la fin de la saison. Philippe Sinault et ses troupes de Signatech auraient mérité cent fois d'être soutenus par le groupe Renault, lequel a préféré l'anonymat sportif mais rentable à un programme qui commençait enfin à gagner.

On imagine que Philippe Sinault, qui a réussi à faire venir Alpine au Mans en badgeant des Oreca, n'en restera pas là. Peut-être qu'en 2027, ces autos seront toujours là, mais sous une autre bannière (Nissan ? Renault Sport ? Dacia ?) et qu'ainsi, le mélodieux V6 Mécachrome continuera de chanter dans les Hunaudières. On aurait aussi aimé que les petits (Glickenhaus, Isotta...) soient encore là, de même que Lamborghini. Mais ainsi va le sport automobile.

Un LMGT3 stable en WEC

WEC - Mercedes

Mercedes et Ford sont encore les deux dernières marques à ne pas s'être imposées en LMGT3. (©DPPI/FIA WEC)

Le successeur du Grand Tourisme Endurance a le mérite d'être bien plus stable depuis son intronisation il y a deux ans. Seul Lamborghini a levé le camp et a ainsi rangé au musée le dernier moteur V10 encore en compétition.

Il faudra aussi se faire à quelques changements cette saison. Les plus fervents fans de Valentino Rossi ne le verront ainsi jamais gagner ni en WEC ni au Mans, puisque la légende du MotoGP se concentrera uniquement sur le GT World avec BMW. Ce sera aussi la tournée d'adieux de la Lexus RCF GT3, après dix ans de bons et loyaux services dans les championnats GT à travers le monde. Elle cèdera sa place à la Toyota GR GT3, aux lignes bestiales, dès l'année prochaine.

Le LMGT3 ne bougera pas beaucoup plus. Cette année, Porsche et Manthey devront tenter de défendre non pas une mais deux couronnes, acquises en 2024 et 2025, face aux forces de Ferrari, BMW, Corvette et autres McLaren. Notons enfin que si Mercedes et Ford venaient à s'imposer cette année, tous les constructeurs actuellement engagés auront remporté au moins une victoire depuis 2024.