Les constructeurs Hypercar dégainent des évolutions les uns après les autres : Peugeot a montré sa très attendue nouvelle version de sa 9X8, de même que Ferrari avec sa 499P. Ces changements montrent que les acteurs de la catégorie reine musclent leur jeu, avec des voitures de plus en plus proches de ce qui se faisait en LMP1. 

Peugeot et Ferrari ont défrayé la chronique en présentant tour à tour des versions largement revues de leurs prototypes : le constructeur français était sur le circuit Paul-Ricard et le Cheval Cabré à Monza.

Dans le cas de la marque au Lion, la 9X8 présente désormais des lignes de prototype bien plus que celles d'une Hypercar au sens extrême du terme. L'esprit originel de la catégorie ayant succédé au LMP1 était pensé pour avoir des voitures de courses aux airs routiers, comme à l'époque du GT1.

Mais la compétitivité grandissante du WEC, avec le plus prestigieux plateau jamais vu depuis des lustres, oblige tous les concurrents à opter pour des modèles de plus en plus proches techniquement. Et cela se verra dès l'année prochaine.

Une Hypercar de Peugeot qui se rapproche drôlement des LMP1

Au tout départ, Toyota, Peugeot et Aston Martin étaient les trois premières marques à s'engager dans un règlement initialement très permissif. Aston Martin s'apprêtait à débouler une première fois avec la Valkyrie à moteur V12, Toyota avait déjà présenté la GR010 et Peugeot préparait la 9X8 sans aileron arrière et quatre pneus aux dimensions strictement identiques.

Seulement, les LMDh, nées pour l'IMSA en remplacement du Daytona International Prototype, ont fini par être autorisées en WEC, ce qui a presque rendu obsolète le concept audacieux présenté par Peugeot. Celui-ci, avec les seules LMH, était finalement parfaitement fonctionnelle pour jouer les avant-postes.

Les LMDh ont remis au centre du jeu une conception plus tournée vers le prototype que vers l'esprit des routières extrêmes, comme peut l'être la Red Bull RB17. Au contraire, l'Acura LMDh de l'IMSA, qui rejoindra le musée en fin d'année, n'était rien de moins qu'une LMP1, sans réelle conviction de produire une Hypercar digne de ce nom.

La grosse évolution de la 9X8 vue dernièrement sur le Paul-Ricard n'a désormais plus aucune commune mesure avec l'idée qu'on se fait d'une Hypercar. Il s'agit là d'une voiture aux lignes typiques d'un prototype du Mans, avec tout de même un capot avant aux furieux airs de 905 (un V10 pour les douces oreilles des fans aurait été un hommage en plus s'il en est).

Depuis 2023, plusieurs grosses évolutions ont pu être observées. C'était le cas chez BMW, qui a revu la face avant, Cadillac ayant énormément travaillé sur la trainée et l'aileron arrière et Toyota qui a présenté une TR010 drastiquement différente de sa devancière.

Cette tendance s'observe chez à peu près tous les concurrents du WEC, dont les voitures sont de plus en plus ressemblantes les unes aux autres. Ce qui est quelque part dommage, puisque la variété proposée par l'Hypercar tend quelque peu à se perdre, pour finalement revenir aux lignes des LMP1. Pas que ce soit un mal en soi, mais l'imaginaire pré-LMH laissait entrevoir des voitures aussi différentes qu'audacieuses dans leurs concepts.

Ferrari aussi a dévoilé subtilement de grosses évolutions pour 2027 sur le circuit de Monza : la 499P propose une jupe et un capot avant revus, ainsi qu'un aileron arrière plus radical découpé en trois et des entrées d'air naissantes sur les pontons. Les constructeurs, face à une énorme concurrence, n'ont désormais plus le souci de jouer le jeu d'un Hypercar inspiré du GT1 : tous les développements sont désormais faits pour se battre à armes réellement égales avec les autres.

 

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Est-ce un avant-goût des Hypercar de 2030 ?

On sait surtout que, dans un peu moins de quatre ans, l'Hypercar n'aura désormais plus qu'une seule plateforme technique. Finies les LMH à la conception quasi-libre, finies les LMDh reposant sur des châssis LMP2. Tout le monde, qu'il s'agisse des constructeurs ou des fournisseurs de châssis actuels, auront stricto-sensu les mêmes spécifications.

Aujourd'hui, les voitures sont (heureusement) encore faciles à distinguer les unes des autres, grâce à la possibilité de jouer sur les codes stylistiques de leur marque (Peugeot et BMW en particulier et même Toyota avec la TR010). Mais pour exemple, la future McLaren MCL-HY, bien que jolie, n'a cependant pas proposé un look qui sorte réellement du lot.

Le prochain règlement technique risque de proposer un plateau sans doute fourni, mais avec beaucoup moins de disparités techniques, notamment visuelles. Tout le monde s'est d'ailleurs posé la question de savoir si Aston Martin, à défaut de remettre la Valkyrie en selle, poursuivra avec une voiture toujours réjouissante pour le public. On sait de source sûre que ce modèle n'ira de toute façon pas au-delà de 2029.

En définitive, le passé sait se rappeler à nos bons souvenirs : jamais dans l'histoire de l'endurance on ne pouvait trouver trace de voitures plus performantes que les LMP1, qui ont subsisté une vingtaine d'années. Et tout porte à croire que cette proximité de plus en plus grande entre les constructeurs se verra en 2030, avec un grand aperçu en 2027.