Le vainqueur de l'édition 2021 sera au départ de la classique allemande pour la 10ème fois. Les 30 ans de Manthey Racing, l'incident de l'édition 2025, Le Mans avec TDS Racing... Le pilote Porsche s'est exprimé en toute franchise.

24 Heures du Nürburgring 2026

Avant notre entretien, tu étais avec le physio, c'est primordial sur cette course ?

C'était la première visite du week-end, je ressentais une petite gêne au cou et on a fait un check-up. Pendant la course, généralement on y va deux fois, quand on a un problème où après le premier relais. Pour moi c'est surtout le premier relais qui est le plus difficile, il y a beaucoup de tension.

Satisfait de votre travail lors des premières séances ?

La Q1 était assez compliquée avec beaucoup de zones gras-mouillé et pas mal de Code 60, de l'huile sur la piste... Au niveau des chronos cela dépendait surtout de la chance en piste. Il y a eu de gros écarts et il a fallu attendre les trois derniers tours où la piste avait séché et sans Code 60 pour se faire une idée. Nous avons fini P5 mais à tout de même 5" de la Mercedes-AMG. Tout n'était pas parfait de notre côté mais on a déjà vu lors des courses qualificatives que nous manquions de perfo pure. Les Mercedes-AMG semblent très fortes.

Manthey Racing fête ses 30 ans cette année, tu roules avec eux depuis longtemps, il semble y avoir une vraie force collective dans cette équipe ?

Je roule avec Manthey Racing depuis plus de 10 ans, je connais certains mécanos et ingénieurs depuis le début.  Patrick Arkenau, responsable de la performance chez Manthey Racing, était mon ingénieur de piste auparavant. Kai Störling, qui est mon ingé aujourd'hui, était mon ingé chez GPX Racing quand nous l'avons emporté à Spa en 2019. Il y a un gros groupe de personnes qui sont là depuis longtemps, c'est un team extraordinaire. Chaque année, ils décrochent des trophées, des championnats... Personne n'est à leur niveau aujourd'hui. C'est top de faire partie de ça et avec Ayhançan et Thomas ça se passe super bien et ils connaissent eux aussi super bien le team avec le WEC et le DTM.

Pour moi cette année, la préparation n'a pas été extraordinaire, la NLS 1 a été annulée, je n'ai pas participé aux autres NLS, à cause des clashs de date, je n'ai pas participé aux Qualifiers. J'ai juste participé à une séance d'essais le jeudi avant la NLS 3. Je connais bien le circuit mais d'une année à l'autre il y a toujours quelques changements et il faut se remettre dans le bain.

C'est ton 10ème départ ici !

Et oui ! En 2014, c'était ma première avec McLaren, sur mes premières participations, il y a eu quelques erreurs, un peu de malchance... J'ai fini par gagner en 2021, je pense qu'il y avait la place pour gagner d'autres fois. C'est une course unique, même après 10 départs ici, ça m'impressionne toujours, oui c'est une piste qui inspire le respect et il faut le garder en tête. C'est la même chose au Mans mais c'est tout de même moins fort.

Cette édition d'annonce plus relevée que jamais, comment l'abordes tu ?

Le niveau est très très haut cette année, pas de clash de date donc tout les pilotes et équipes sont là. Cette édition va être très relevée !

L'an passé tu as vécu un moment particulièrement difficile...Peut-on évoquer le moment où la course a basculé en ta défaveur ?

Oui tout à fait. A ce moment là, ça va très vite, je me rappelle être derrière l'Aston comme on se retrouve derrière une voiture tout les trois virages sur la Nordschleife. Je suis derrière lui dans les esses où il n'est pas possible de doubler. Il se met sur la trajectoire en s'écartant à gauche. Et je me dis qu'il y a la place à ce moment là. Ce n'est pas un virage où on freine fort et il referme comme si je n'étais pas là. Je prends le vibreur, je mets deux roues dans l'herbe... On se touche, je réussis à garder la voiture sur la piste et je vois dans le rétro sa voiture en tonneaux et je me dis "houla...".

J'ai revu les images, en analysant tout, oui j'aurai pu faire les choses différemment. On aurait pu tout les deux prendre une décision différente. A ce moment là de la course, la BMW est revenue comme un avion sur nous, je suis sous pression. Tout s'est passé très vite.

C'est un moment de la course où on est plus agressifs dans le trafic. Lors de la première heure de course, je n'aurai pas doublé comme cela. Ce n'était pas un dépassement qui comportait zéro risques mais ce n'était pas non plus un dépassement qui sortait de l'espace. Oui j'aurai sans doute attendu en début de course J'ai aussi le sentiment qu'à ce moment là, cela fait tellement d'heures qu'on roule que j'ai le sentiment que tout le monde visualise comment les autres roulent. Pour moi, le pilote de la GT4 se rend compte qu'à ce moment là de la course, il sait que je vais y aller. Je pense que j'ai été agressif mais lui n'a pas pris en compte ce paramètre.

On assiste ensuite à cette scène lunaire où un cameraman te suit jusque dans la loge Manthey à ta sortie de la voiture !

Je suis sorti de la voiture, Patrick Arkenau me prend tout de suite et me dit que le directeur de course veut me voir, mais que nous allons d'abord regarder les images et voir ce que nous allons lui expliquer. Le cameraman me suit jusqu'ici... On discute entre nous, nous étions sur la même longueur d'ondes, pour eux je ne fais pas d'erreur, j'y vais, il y a eu trois drapeaux bleus consécutifs... Il n'est pas obligé de se mettre sur le côté mais il doit bel et bien me faciliter le dépassement.

C'est l'argumentation que j'ai eu devant le directeur de course. Il ne m'a pas reproché une erreur, on a été renvoyés ici ensuite et la pénalité est confirmée plusieurs heures après. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre temps... Ici, contrairement aux autres courses, on s'entretient directement avec le directeur de courses et non à un panel de stewards. Lui n'a sans doute néanmoins pas pris seul sa décision.

Tu sors en plus d'une seconde place au Mans, c'est le coup de massue...

J'étais fatigué à l'arrivée après ces deux courses, je n'ai rien contre les pilotes de la BMW. L'accident avec l'Aston Martin relève du fait de course pour moi. Mais la BMW était bien plus rapide que nous, ils sont revenus. Et pour moi au moment où il y a eu l'accrochage, ils se disent qu'on aura une pénalité et restent sagement derrière nous. Sans pénalité, ils seraient passés.

On te retrouve chez TDS Racing au Mans. Une jolie surprise !

Nous étions plusieurs pilotes Porsche dispo pour Le Mans. Je n'ai appelé personne et quelques teams m'ont contacté. J'avais déjà roulé pour TDS Racing par le passé, j'aime ce team et ils ont toujours une bonne voiture au Mans. On a conclu ça assez rapidement.

@Gruppe C Photography