La situation diplomatique dans les pays du Golfe s'est embrasée ces derniers jours, à la suite de l'assaut des États-Unis et d'Israël en Iran. Cela impactera plus que certainement les événements de sports mécaniques, dont le WEC et la F1, qui doivent s'y rendre très prochainement.
Dans un communiqué, le WEC avait déclaré « suivre de très près la situation au Proche-Orient », assurant que « la priorité était mise sur la sécurité (de tous) ». On peut lire entre les lignes que, au regard de l'importance stratégique de ces régions, une annulation de la course se ferait en tout dernier recours.
Car les 1 812 Kilomètres du Qatar doivent se tenir fin mars, en ouverture de la saison 2026 du WEC. La situation pourrait davantage s'envenimer, si l'Iran poursuivait ses offensives sur les bases américaines dans plusieurs pays arpentés par la F1, le WEC, le MotoGP et l'ALMS par exemple (Qatar, Dubaï, Bahreïn). Par deux fois dans l'histoire récente, les principales catégories de sports mécaniques devaient composer avec des contextes périlleux.
En 2011 : la révolution a poussé à l'annulation du Grand Prix F1 de Bahreïn

DPPI/FIA WEC
Il n'y a eu qu'une seule fois où la F1 ne s'est pas rendue à Bahreïn, depuis qu'elle s'y est installée en 2004. C'était en 2011 : les peuples de la péninsule arabique jusqu'au Maghreb s'étaient tous révoltés contre les régimes en place, donnant à lieu à de féroces guerres civiles, fructueuses ou non. Les Bahreïnis ont suivi le mouvement en février 2011, à un mois de la venue de la F1 sur le circuit de Sakhir.
La course prévue le 18 mars a logiquement été annulée. Mais il a un temps été question de reporter la course au mois d'octobre, à la place du Grand Prix d'Inde, nouvellement instauré. La décision a finalement été prise de totalement annuler l'épreuve pour cette saison 2011. Ce cas de force majeur avait conduit à d'énormes pertes financières, surtout pour Bahreïn, un sujet que nous avions évoqué il y a plusieurs années de cela.
Bahreïn fait partie de ces destinations qui faisaient déjà polémique notamment autour des questions des Droits de l'Homme et de leur application dans ces territoires. Et plus récemment, d'autres cas de figure ont soulevé des débats, quant à la sécurité des personnes engagées dans des championnats comme le WEC et la F1.
En 2022 : la F1 a fait fi des missiles
Déjà en 2022, dans un contexte politique tendu, l'Arabie Saoudite faisait face à des attaques aux missiles. L'un d'entre eux, tiré par des rebelles yéménites, avait atteint un entrepôt pétrolier à quelques kilomètres du circuit. Tous les pilotes étaient d'accord pour annuler la course, craignant à juste titre pour la sécurité de tous et que des attaques se produisent à même le circuit.
De longues discussions avec les équipes et les organisateurs avaient finalement conduit à un maintien du Grand Prix. Effectivement, rien n'est venu troubler le déroulé du week-end. Mais, aux yeux de nombre d'observateurs, le bien fondé de cette décision était mis en doute. Car, un an auparavant, le Grand Prix de Belgique avait été annulé pour des raisons autrement moins graves que des bombardements voisins.
Le WEC et la F1 vont-ils annuler leurs venues ?
Le WEC posera ses valises au Qatar le 22 mars pour le Prologue, quand la F1 arrivera à Bahreïn le 12 avril. D'ici là, impossible de savoir quelles proportions prendront les événements : ils peuvent aussi bien prendre fin que s'étendre plus loin à l'international et, fatalement, remettre en question la sécurité du personnel sportif sur les circuits.
On sait l'importance stratégique de ces pays pour le marché de l'automobile et même pour le business en général. La solution la plus sage enjoindrait à annuler préventivement ces épreuves, quitte à encaisser d'importantes pertes financières. Car le risque de voir les circuits touchés un tant soit peu par des attaques reste très important dans la configuration actuelle. Tout ce qui est souhaité est que les tensions baissent et que les championnats puisse se dérouler normalement. À suivre...