Un mois après les 24 Heures du Mans, remportées par Toyota, le WEC disputera sa quatrième étape à l'occasion des 6 Heures d'Interlagos. La quête des 24 Heures passée, l'objectif de tous sera désormais le championnat, où les titres Hypercar et LMGT3 commenceront à sérieusement se disputer.
Trois vainqueurs différents en trois courses chez les Hypercar, autant en LMGT3 et des courses toujours aussi incertaines : voilà l'alléchante perspective des 6 Heures d'Interlagos, qui marquent la fin de la tournée européenne après Le Mans. Les heureux élus ont été la Toyota N°7 au général, la Corvette N°33 en GT, ainsi qu'Inter Europol dans la classe LMP2 hors championnat. Les deux premières nommées seront désormais les cibles toutes désignées de la concurrence sur les terres d'Ayrton Senna.
BMW veut sa revanche sur Toyota au Brésil

©DPPI/FIA WEC
La marque bavaroise est passée toute proche de retrouver la victoire au général des 24 Heures du Mans, 27 ans après la V12 LMR. Ce ne sera pas pour cette année, mais les excellentes performances de BMW-WRT depuis le début de saison laissent augurer d'une chance de se battre pour le titre face à Toyota.
Ainsi, Interlagos pourrait proposer un nouveau mano-a-mano entre le constructeur bavarois et son rival japonais, dans un contexte où Le Mans est désormais derrière. Tous deux occupent les deux premières place du championnat, avec une certaine avance. Mais attention à n'enterrer personne.
Ferrari et Cadillac représentent aussi des menaces à ne pas négliger. En particulier les Américains, vainqueurs à Interlagos l'an dernier (avec un énorme coup de main de la BoP s'il en est) et dans le match quasiment jusqu'au bout il y a un mois en France. Un regain de forme de Ferrari pourrait offrir la perspective d'un match à quatre constructeurs pour les avant-postes. De toute manière, les valeurs de la Balance de Performance n'étant pas communiquées, le seul diagnostic à faire sera celui de la piste.
Le Brésil propice aux outsiders ?

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On parle volontiers des quatre constructeurs les plus en forme, mais les autres en Hypercar voudraient aussi tirer les marrons du feu sur l'atypique tracé brésilien. En l'occurrence, Alpine, Aston Martin, Peugeot et Genesis ont tour à tour démontré de belles choses sur les trois premières manches de la saison.
Alpine figure actuellement au 4e rang des constructeurs, comme l'année de ses débuts réels en 2024. L'équipe Signatech de Philippe Sinault tient surtout à sauver ce programme, dont le retrait à la fin de la saison est unanimement jugé comme étant un gâchis notoire. Finir à la 4e place des constructeurs, voire finir sur un podium, pourrait faire office de lobbying...Sait-on jamais.
Aston Martin ne cesse de progresser avec ses Valkyrie, en témoignent la 8e place du Mans avec la N°007 et la lutte aux avant-postes à Spa-Francorchamps il y a bientôt deux mois. L'unique prototype non hybride s'est mû en véritable outsider depuis ses débuts l'an dernier. Parler de jouer le podium, même la victoire, est encore précipité, mais les événements de course peuvent permettre aux N°007 et N°009 de bien figurer.
Genesis sort de 24 Heures du Mans presque de rêve pour une première apparition. Les GMR-001 sont des voitures bien nées, qui ont même joué l'Hyperpole 2 dans la Sarthe. Le rythme en course était honorable, au même titre que l'exécution de la stratégie. Les débuts de la filiale de Hyundai sont salués par les observateurs : reste à corriger au fil des courses les soucis de jeunesse. Les fans brésiliens auront non seulement le plaisir de voir la livrée Magma maintenue, mais ils pourront aussi soutenir le local de l'étape : Luis Felipe Derani, sur la N°17.
Quant à Peugeot, l'année semble bien longue, comme depuis 2022. Les 9X8, spécialement la N°94 avec Malthe Jakobsen, sont de redoutables machines en qualifications, mais restent très peu efficaces en course. Le tracé pauliste avait bien réussi aux Hypercar sochaliennes, qui s'étaient mêlées à la lutte contre les Cadillac et les Porsche. L'optimisme vient plus volontiers de cette évolution attendue pour 2027 que pour cette fin de saison, bien que les troupes de Peugeot soient toujours déterminées.
En LMGT3, le Brésil pourrait relancer les débats au championnat

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La Corvette N°33 du TF Sport a fait une énorme moisson de points au Mans, avec cette victoire qui l'a propulsée en tête du championnat. Ben Keating n'a d'ailleurs eu besoin que d'une participation pour se retrouver 3e du championnat pilotes, derrière ses équipiers Johnny Edgar et Nicky Catsburg.
C'est donc une chasse à la Corvette qui est lancée, avec un écart de points conséquent entre les deux premières voitures du classement (72 points pour la Corvette, 40 pour la Ferrari N°21). Mais derrière l'équipage de tête, le championnat est exceptionnellement serré : seuls 22 points séparent la Ferrari N°21 du Vista AF Corse, 2e, et la Corvette N°34 du Racing Team Turkey by TF, à la 13e place.
Ces 6 Heures d'Interlagos pourraient être totalement dingues dans ce contexte, en particulier si la Corvette connaît une mésaventure. Elle restera quoi qu'il arrive en tête, puisqu'elle compte 32 points d'avance et que cette course en rapporte 25, plus celui de la pole position. Mais un resserrement général pourrait avoir lieu, offrant la perspective d'une fin de championnat complètement dingue.
Enfin, le public brésilien s'attardera sur deux autres de ses chouchous : Augusto Farfus, sur la BMW N°32 et sur l'Aston Martin N°23 Eduardo "Dudu" Barrichello, fils de Rubens, qui avait signé la pole position l'année dernière. Et gare à la météo, toujours incertaine à ce stade.